Les opérateurs économiques constituent un maillon important de la chaîne de lutte contre les nuisibles aux cultures
La pratique de l’agriculture est vitale pour l’humanité. Elle va de la préparation du sol pour le semis jusqu’à notre assiette à la maison et implique toutes les connaissances scientifiques et techniques en matière de production de denrées alimentaires. La protection des végétaux est un volet essentiel de l’agriculture. Elle constitue la phase de lutte contre les nuisibles qui peuvent constituer la chute du niveau de productivité de 30 à 50%. Dans notre pays, la situation phytosanitaire est caractérisée par la permanence des infestations acridiennes (locustes, sautériaux), auxquelles s’ajoutent les invasions d’oiseaux et la pullulation de rongeurs. Cette situation est même endémique au niveau des aménagements hydro agricoles (voir synthèse du bulletin agro-hydro-météorologique). Certains parasites comme les chenilles, les cantharides, les pucerons et les mouches de fruits, autrefois moins craints, ont aujourd’hui rallié la famille des déprédateurs de récoltes. La maîtrise de ces aléas est indispensable dans le rendement de l’agriculture. C’est pourquoi, les pouvoirs publics ont depuis toujours, procédé à des actions de lutte contre ces ennemis déclarés de nos cultures. Son bras armé dans ce combat, est l’Office de protection des végétaux (OPV) et le Centre national de lutte contre le criquet pèlerin (CNLCP). Cette volonté est contrariée par la complexité et le coût onéreux de la protection des cultures. D’où le rôle majeur du secteur privé dans cette lutte. En effet, loin des regards du grand public et dans la plus grande discrétion, des entreprises privées abattent constamment un travail de fourmis, en contribuant ainsi à la productivité agricole, à travers leurs actions de protection des cultures. Parmi ces artisans, figurent, l’Association nationale des importateurs et distributeurs des produits phytosanitaires, dénommée CropLife-Mali. Elle est composée de membres actifs qui représentent des firmes. Ce sont les principaux importateurs de ces produits dans le cadre des appels d’offres au niveau de la Compagnie malienne de développement du textile (CMDT) et le marché privé. C’est-à-dire, tous les produits qui entrent dans la protection des cultures, depuis les semences avec les fongicides pour lutter contre les maladies fongiques (les champignons qui sévissent sur les semences), les herbicides, contre les mauvaises herbes et les insecticides contre les insectes.
Encadrement du personnel. Selon Sablé Diarra, président de CropLife Mali, la mission de sa structure est d’importer des produits de qualité autorisés par la loi dans le cadre de la protection des cultures. Elle veille sur le respect de la législation en vigueur au Mali. A côté de ses activités d’importation et de distribution des produits, elle assure la formation du personnel d’encadrement et des producteurs, sur une utilisation saine et judicieuse des pesticides, sans risque de danger. Le secteur privé joue un rôle de premier plan dans la protection des végétaux. Les formations sont surtout orientées vers l’utilisation saine des pesticides pour éviter les risques de contamination individuelle et la pollution de l’environnement. Ce sont des exigences du cahier des charges des adjudicataires des marchés d’appel d’offres publics, indique Sablé Diarra. Mais à côté de cette formation classique, ajoute-t-il, CropLife élabore des modules de formation destinée aux revendeurs. « Ils sont nos porte-paroles auprès des paysans », explique le président. Les revendeurs sont en contact permanent avec les paysans, c’est-à-dire les utilisateurs. Ils doivent pouvoir leur expliquer la nature et le mode d’emploi des produits. Pour ce faire, il faut qu’eux-mêmes soient suffisamment informés, estime Sablé Diarra. CropeLife travaille avec les services techniques de l’Etat tels que la Direction nationale de l’agriculture (DNA), le PASP (Projet africain de lutte contre les pesticides obsolètes), le Comité sahélien des pesticides (CSP). L’association est membre du Comité national de gestion des pesticides, qui a une mission globale de gestion rationnelle des pesticides au Mali, dans le cadre de la lutte contre les pesticides obsolètes. Elle collabore avec le service des douanes pour les contrôles aux frontières et à l’intérieur du pays. Dans le cadre de la lutte contre la fraude, elle constate les irrégularités dans la commercialisation des produits et informe par écrit les services compétents de l’Etat. Malgré ces efforts, on assiste à l’envahissement du marché national par les produits contrefaits au Ghana et en Guinée, constate amèrement Sablé Diarra. « On trouve ces produits sur les marchés des foires en milieu rural », affirme-t-il. La lutte contre la fraude est une préoccupation majeure de l’association. C’est un danger qui menace l’économie nationale et mais aussi la sécurité de nos cultures, signale Sablé Diarra. Le manque à gagner est grand pour l’Etat et les opérateurs privés régulièrement établis au Mali. Il recommande l’intensification et la médiatisation des saisies. Diarra demande à l’Etat de tout mettre en œuvre pour enrailler ce commerce illicite qui pénalise les opérateurs régulièrement établis dans notre pays. Jacques Hommes, est le directeur général de Mali protection des cultures (MPC Mali), une société établie dans notre pays depuis 1998. Cette entreprise appartient à un groupe européen, spécialisé dans la formulation de produits phytosanitaires (fongicides, insecticide et herbicides). Elle vend aux distributeurs des semences maraîchères, des matériels de pulvérisation et de protection individuelle. MPC collabore avec les services techniques de l’Etat depuis sa création à plusieurs niveaux entre autres, avec la CMDT, dans le cadre de la lutte antiacridienne avec l’OPV et le Centre national de lutte contre le criquet pèlerin (CNLCP). Ce partenariat est technique et commercial. Sur le plan technique, MPC-Mali participe à la formation du personnel d’encadrement à l’utilisation des pesticides et les matériels. Au plan commercial, il a effectué de nombreuses livraisons en insecticides lors de la grande invasion acridienne en 2004. Il a fourni le Centre national de lutte contre le criquet pèlerin en appareils autoportés et d’atomiseurs. MPC s’occupe de la formation et du recyclage des agents. Le lien avec les paysans est solide. Il a été créé un réseau de distributeurs. MPC dispose à cet effet de six boutiques gérées pour la plupart par des agronomes. Au plan de la recherche, elle collabore avec l’Institut d’économie rurale (IER) à travers des essais sur le maïs, le riz et le coton par exemple. La société emploie 21 personnes dont 20 nationaux et un étranger.
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Situation agro-météorologique : LA TENDANCE EST BONNE
Le groupe de travail pluridisciplinaire d’assistance météorologique a produit son bulletin d’information décadaire. Il ressort de ce bulletin que la situation météorologique au cours de la troisième décade de juillet 2011 a été caractérisée par le maintien des basses pressions sur le nord du pays et le renforcement des hautes pressions du sud sur le Golfe de Guinée. Cette situation a favorisé la rentrée de l’air humide jusqu’au-délà de la latitude de Tessalit occasionnant ainsi des activités pluvio-orageuses modérées à fortes sur la majeure partie du pays. Cependant les quantités de pluie recueillies pendant la période ont été déficitaires dans la plupart des stations. Le cumul des pluies recueillies du 1er mai au 31 juillet 2011 est dans l’ensemble normal à excédentaire excepté le nord et le centre de la région de Kayes, le sud de la région de Mopti et les localités de Nara, Kolondièba, San, Tombouctou, Gourma-Rharous et Diré, où il est déficitaire. La situation hydrologique décadaire a été marquée par la montée timide des niveaux sur tous les cours d’eau à l’exception du barrage de la retenue en amont de Sélingué. Les niveaux moyens décadaires sont inférieurs ou similaires à ceux de l’année dernière sur tous les cours d’eau pour la même période à l’exception des hauts bassins hydrographiques du Sénégal. Ils sont inférieurs à ceux d’une année moyenne pour la même période à l’exception du Baoulé à Bougouni, du Niger en amont d’Ansongo et du Bakoye à Oualia. L’état végétatif des cultures est satisfaisant. Ainsi, le cotonnier est au stade de ramification-floraison, le maïs à la montaison-début floraison, les mil/sorgho au tallage-montaison, les riz de bas-fonds et pluvial aux stades de levée feuilles et tallage pour les premiers semis, l’arachide et le niébé grain à la ramification. Dans la zone de la Compagnie malienne de développement textile (CMDT), les superficies réalisées en coton sont nettement supérieures à celles de la dernière campagne à la même période. Concernant les céréales sèches (maïs, mil et sorgho), les taux de réalisation de la présente campagne du maïs et du sorgho sont supérieurs à ceux de 2010/2011, le taux de réalisation du mil est légèrement inférieur à celui de la campagne passée. La situation phytosanitaire est restée relativement calme. Elle est manifestée par des éclosions d’œufs de sautériaux qui ont été observées dans les régions de Kayes, Ségou, Koulikoro (Kati, Kolokani, Mourdiah et Nara) et Mopti (Douentza). Il a été prospecté 317 hectares dont 48 infestés et 17 hectares traités à Mourdiah, des manifestations de populations d’oiseaux granivores Quelea quelea qui ont été observées à travers les rizières, notamment dans les régions de Ségou, Mopti, Tombouctou et Gao. Les prospections se poursuivent actuellement sur le terrain. La présence de rats a été signalée dans les régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti et Tombouctou. Les battues organisées par les producteurs ont permis de protéger 108 hectares sur une superficie prospectée de 9321 hectares.
DES ADVERSES DE PLUIES INTERMITTENTES. La situation du criquet pèlerin a été caractérisée par une relative accalmie sur l’ensemble du pays. Toutefois, quelques signalisations d’individus ailés isolés et de larves, de source nomade sont parvenues des aires grégarigènes au niveau de la base d’intervention de Gao. D’une manière générale, la régénération des pâturages se poursuit de façon satisfaisante dans les différentes zones agro-pastorales du pays. A la date du 31 juillet 2011, le niveau de biomasse reste assez élevé dans la région de Sikasso, le sud de celles de Kayes et de Koulikoro par rapport aux autres localités. Quant aux aériens, ils sont assez bien fournis dans l’ensemble. Les conditions d’abreuvement s’améliorent avec la reconstitution des points d’eau. L’état d’embonpoint des animaux et le niveau de productions animales sont bons dans l’ensemble. Les transhumances internes et transfrontalières se poursuivent à travers le pays. Dans l’ensemble, les ressources ligneuses, non ligneuses et fauniques retrouvent leurs conditions écologiques favorables. La récolte des fruits de karité se poursuit. Dans la boucle du Baoulé, on a observé la présence d’importantes espèces telles que les phacochères, les guib harnaché, les gazelles à front roux et les singes. Au nord du pays, beaucoup d’oiseaux migrateurs sont arrivés. La situation de la pêche a été caractérisée par une diminution des quantités de poissons débarquées sur l’ensemble des bassins hydrologiques. Cette baisse s’explique par la montée des niveaux d’eau, la présence des vents violents et les pluies. Sur le plan météorologique, la décade du 1er au 10 Août 2011 sera caractérisée par le maintien de l’air humide au delà de la latitude de Tessalit et occasionnera des adverses de pluies intermittentes, faibles à modérées sur l’ensemble du pays. Les conditions hydriques actuelles et celles attendues devront permettre le bon développement des cultures. Au plan hydrologique, la montée des niveaux se poursuivra normalement sur tous les cours d’eau.