L’accès aux engrais et semences qui pour certains d’entre eux continuent de bénéficier des subventions publiques, constitue un volet important du plan de campagne
L’hivernage s’approche à grand pas. Et comme chaque année, les responsables et acteurs du monde rural préparent activement la campagne agricole. Cheville ouvrière de ce processus de préparation, la Direction nationale de l’agriculture (DNA) a tenu à la fin du mois dernier une réunion sur la campagne agricole 2010/2011. La réunion visait à confronter les opinions sur les modalités pratiques de mise en œuvre du plan de campagne agricole adopté le 29 mars passé par le Conseil supérieur de l’agriculture présidé par le chef de l’Etat. Les travaux de la réunion organisée par la DNA étaient dirigés par le secrétaire général du ministère de l’Agriculture, Moussa Léo Sidibé. Cette importante rencontre regroupait les représentants des offices agricoles, les directeurs régionaux de l’agriculture, des représentants de l’APCAM (Assemblée permanente des chambres d’agriculture du Mali), des responsables de la Cellule de planification de statistiques et du Schéma directeur du développement rural (CPS/SDR) et de l’ONG SG2000. Elle a permis de passer en revue les modalités de mise en œuvre du plan de campagne 2010/2011. Celle-ci se présente dans des conditions alimentaires spécifiques. La situation alimentaire est jugée bonne partout sauf dans certaines parties des régions de Kidal et Gao, où des distributions de céréales sont en cours. Pour jauger la disponibilité en intrants agricoles dans les zones couvertes par les directions régionales de l’Agriculture, les stocks d’engrais et de semences ont été inventoriés. Leur niveau actuel peut permettre aux agriculteurs de commencer avec assurance la mise en œuvre du plan de campagne agricole. En ce qui concerne l’approvisionnement des paysans en engrais au niveau des Offices et de la CMDT, les appels d’offre ont été lancés. Les résultats des dépouillements sont attendus et permettront de fixer les prix repères dans les zones d’intervention respectives de ces structures d’appui-conseil. Et cela conformément aux conclusions de la dernière réunion de suivi de la campagne agricole tenue à la Primature en avril dernier. Mais la CMDT a déjà entamé la livraison des engrais aux organisations professionnelles paysannes. Par ailleurs, une note de la direction nationale de l’agriculture rappelle que le gouvernement a accordé une subvention aux semences de riz Nerica, sorgho, niébé et blé. Les engrais destinés au riz, au maïs et au blé sont aussi subventionnés. Ce sont notamment les engrais de type Urée, DAP, Complexe Coton, NPK, Complexe céréales qui sont concernés par le soutien. Le prix de l’engrais subventionné reste fixé à 12 500 Fcfa le sac de 50 kg. Les prix des semences des cultures subventionnées sont fixés 150 Fcfa le kilogramme pour le riz Nerica, soit la moitié du prix pratiqué sur le marché. La semence de sorgho coûte 100 Fcfa le kilogramme contre 200 Fcfa sur le marché et la semence de niébé est vendue à 250 Fcfa le kilogramme, soit également la moitié du prix du marché. Pour connaître les sites des dépôts de semences subventionnées, les paysans peuvent s’adresser aux agents d’encadrement. L’accès aux semences et engrais subventionnés est subordonné à la présentation d’une caution technique délivrée par les services d’appui conseil dans les communes, cercles et régions. Par ailleurs, dans le cadre du suivi de la contre-saison en cours les intrants ont été mis en place. Le riz est au stade épiaison dans la zone de l’Office du Niger et de tallage dans les autres zones. Quant au blé, il a été récolté et le battage est en cours. Dans le cadre de la protection des cultures contre les nuisibles, des stocks de pesticides existent dans certaines régions et le dispositif de surveillance de la situation phytosanitaire est en place. En matières de ressources humaines, les disponibilités et les besoins en agents d’appui-conseil ont été communiqués par les structures compétentes. Pour une gestion judicieuse des ressources humaines et des moyens logistiques, une synergie d’actions est nécessaire sur le terrain entre les structures d’appui-conseil. Pour le fonctionnement, les besoins de financement des directions régionales de l’agriculture, sont estimés 329,5 millions Fcfa. Ce financement est réparti entre les frais de carburant, les missions de supervision et la formation des agents de base. Dans le dispositif de suivi de la campagne, les outils existants ont été revus et amendés. Ce volet intègre désormais le suivi de l’utilisation des tracteurs dont les bénéficiaires recevront un appui-conseil des agents pour une meilleure exploitation de ces équipements. Des journées de vulgarisation agricole seront organisées en lien avec le cinquantenaire de l’indépendance.