Avec aujourd’hui plus de 300 radios privées, une quarantaine de publications écrites en français, quatre journaux en langues nationales et bientôt des télévisions privées, le paysage médiatique malien a atteint un poids et une complexité qui rendent inopérantes nombre de textes sensés le gérer.
Ainsi sous la présidence de Cheick Omar Maïga, le secrétaire général du ministère de la Communication et des Nouvelles Technologies, se sont ouverts hier à Sélingué les travaux d’un atelier de relecture des textes sur la presse et la publicité au Mali. Les médias maliens dans toutes leurs composantes (journaux, radios et agences de communication) se trouvent représentés dans cette localité située à plus de cent trente kilomètres de Bamako. Ces représentants mandatés par leurs différentes structures auront pendant une semaine (du 23 au 28 août) la mission d’élaborer et de présenter aux plus hautes autorités du pays des projets de textes relatifs à sept préoccupations majeures du paysage médiatique de notre pays. Il s’agit de la loi de création de l’Agence nationale de communication pour le développement, la loi sur la presse, la loi sur la publicité, la loi sur le Conseil supérieur de la communication. Le colloque prendra aussi en compte les textes relatifs au Comité national de l’égal accès aux médias d’Etat, le décret portant création de la commission nationale de la carte de presse et les textes sur l’Ordre de la presse. Selon Cheick Omar Maïga, le choix de Sélingué pour abriter ces assises répond à la nécessité de se concentrer pour parvenir à des résultats à hauteur de souhait. Notre pays, a-t-il noté, est de nos jours cité en référence en Afrique comme un des exemples réussis en matière de liberté d’expression et de pluralisme démocratique. Ce bilan élogieux, le Mali le doit, estime Cheick Omar Maïga, à la multiplication et à la diversité de son paysage médiatique qui en compte aujourd’hui 300 radios privées, une quarantaine de publications écrites en français et quatre journaux en langues nationales. Le secrétaire général du MCNT expliquera cet essor par la mise en place d’un cadre législatif et réglementaire révolutionnaire tracé par les premières journées nationales de réflexion sur l’information et la communication de décembre 1991 et consolidé au terme des journées suivantes de 1996. Les assises de Sélingué constituent une pause pour évaluer le chemin parcouru, analyser les forces et faiblesses de l’arsenal juridique et réglementaire et dégager des pistes pour l’adapter à l’environnement actuel. Cheick Omar Maïga constate à ce propos des cas de dérapages et de violations graves du droit, des libertés, de l’éthique et de la déontologie, au moment où nous pensons réaliser dans notre pays des avancées notables en termes d’élargissement des espaces de liberté, de consolidation de la démocratie et de pluralisme. Ces dérapages, a-t-il jugé, tiennent à l’inadaptation du cadre juridique actuel des médias aux réalités du moment. Un cadre aujourd’hui incomplet et contradictoire nécessitant des correctifs urgents comme recommandés par les troisièmes journées nationales de réflexion sur l’information et de la communication. La réunion de Sélingué proposera donc au ministère de tutelle des avant-projets de lois que celui-ci soumettra au gouvernement en vue d’une présentation à l’Assemblée nationale.
Envoyé spécial S. Konaté