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PostHeaderIcon Passage au tout numérique dans l’audiovisuel d’ici 2015 : DU PAIN SUR LA PLANCHE

C’est aujourd’hui que s’ouvre à Bamako, le séminaire de formation initié par le Réseau de l’audiovisuel public d’Afrique francophone (RAPAF) et l’Office de radiodiffusion télévision du Mali (ORTM) en collaboration avec l’Union internationale des télécommunications (UIT, sigle anglais).

Passage au tout numérique dans l’audiovisuel d’ici 2015 : DU PAIN SUR LA PLANCHE

Le thème de cette formation est le "Passage au numérique d’ici 2015 : Enjeux stratégiques et techniques". La formation est destinée aux directeurs généraux et directeurs techniques des radiodiffusions publiques d’Afrique francophone. C’est en prélude à cette grande rencontre que les experts du Réseau de l’audiovisuel public d’Afrique francophone et leurs partenaires s’étaient donné rendez-vous hier au Centre international de Conférences de Bamako (CICB) pour les travaux de leur réunion préparatoire. L’ouverture de la réunion était présidée par le directeur général de l’ORTM et président du RAPAF, Sidiki N’Fa Konaté. C’était en présence des représentants de l’Union internationale des télécommunications, Mme Ilham Ghazi, de l’Organisation intergouvernementale de la francophonie (OIF), Emmanuel Adjovi, et de nombre d’acteurs du secteur de l’audiovisuel de la communauté francophone d’Afrique. La rencontre est destinée à déblayer le terrain pour la conférence proprement dite. Les experts ont ainsi discuté de sujets relatifs à la migration vers le numérique d’ici 2015, dressé l’état des lieux du passage au tout numérique dans les différents pays du réseau, et évoqué les défis posés par le changement de capture et de diffusion des images. L’évolution technologique a atteint aujourd’hui un niveau assimilable à une révolution, dont l’un des tournants décisifs sera le passage au tout numérique d’ici 2015. Cette nouvelle approche de fonctionnement de l’audiovisuel fait suite à la conférence de l’ITU qui a adopté à Genève le 16 juin 2006 un traité intitulé "Accord GEO6". Cet accord a fixé au 17 juin 2015 la fin de la radiodiffusion analogique dans les bandes de fréquence comprises entre 174-230MHZ et 470-862MHZ. Cet accord aura comme conséquence la disparition de techniques usitées de puis 46 années. Un changement inéluctable devra s’opérer au sein de l’audiovisuel du fait de l’émergence et de l’accélération des mutations technologiques. L’enjeu de la rencontre est d’importance capitale pour les télévisions africaines en général, et francophones en particulier, juge le représentant de l’OIF, Emmanuel Adjovi. Comment se présente le passage au tout numérique sur le continent ? A ce propos, l’expert dresse un tableau peu reluisant. De son point de vue, le continent doit faire encore plus d’efforts pour s’arrimer au train de la technologie. Aujourd’hui, a-t-il distingué, la problématique fait ressortir trois catégories de pays en matière de mise en œuvre du numérique. Il y a ceux qui sont avancés dominés par le Maghreb, ceux qui sont en voie d’atteindre ce niveau d’avancement et ceux qui "traînent" les pieds. La situation est inquiétante « quand on sait que d’autres pays, notamment d’Asie et d’Europe se sont mis aux normes technologiques », a jugé Emmanuel Adjovi, qui a salué quelques initiatives nationales entamées dans certaines régions du continent. "Ce passage au tout numérique est l’une des conditions d’amélioration de l’audiovisuel. Il y a une jonction très mal faite entre les radiodiffusions et les télécoms. Mais il faut signaler les nombreux défis qui se posent à l’Afrique. Ces défis ne sont pas que techniques, ils sont aussi juridiques et administratifs. Les quatre années qui nous restent vont être cruciales pour les télévisions d’Afrique francophone", a analysé le directeur général de la télévision publique sénégalaise (RTS), Babacar Diagne. Un point de vue partagé par Sidiki N’Fa Konaté qui a salué la tenue de cette rencontre. Les experts sont unanimes sur les avantages du passage au numérique : les services ajoutés offerts ; la qualité vidéo et audio supérieures ; le volume accru de données à transporter ; le nombre de canaux supplémentaires offerts ; l’homogénéité des données acheminées sur de grandes distances ; une plus grande efficacité d’utilisation du spectre et donc davantage de canaux ; la réduction des coûts d’investissement ; la mise à disposition de services élargis par multiplexage ; la disponibilité de débits de transmission de données plus variés et plus élevés et enfin la fiabilité des flux de données. Le système numérique utilise le spectre radioélectrique de manière beaucoup plus efficace que la radiodiffusion analogique. S’agissant de la télévision de terre, il est possible d’acheminer quatre à cinq programmes télévisuels numériques dans la même largeur de bandes de fréquences qu’il faut actuellement pour transmettre un seul programme de télévision analogique. Une efficacité accrue qui constitue, selon les experts, des "dividendes numériques".