L’initiative participe de la réponse à la crise alimentaire qui menace suite à la mauvaise campagne agricole
En visite dans la Région de Ségou pour la pose de la première pierre du lycée de Dioro (voir article ci-contre), le chef gouvernement, Mme Cissé Mariam Kaïdama Sidibé, a visité des parcelles de culture de pomme de terre dans la zone de production de M’Bewani à l’Office du Niger. Ces parcelles ont été aménagées par l’Office du Niger dans le cadre d’un programme spécial de production de ce tubercule. En effet, le ministère délégué auprès du Premier ministre chargé du Développement intégré de la zone Office du Niger, a initié un programme spécial de production de la pomme de terre dans la zone. Il s’agit d’une initiative participant à la réponse à la crise alimentaire qui menace à la suite d’une campagne agricole compromise par le déficit pluviométrique. Le programme s’attelle à développer d’autres filières de diversification complémentaires au riz qui constitue la principale spéculation. Cette diversification va aider à accroître les revenus des producteurs et à créer des emplois en milieu rural et urbain. La démarche entend influer positivement sur des enjeux comme la souveraineté alimentaire, les changements climatiques et la gestion de l’eau. Le programme porte sur 380 hectares dont 300 en exploitations familiales et 80 pour le compte d’un agro-entrepreneur. Conduit dans les zones de production de l’Office du Niger, il va générer 135 millions Fcfa de salaires pour la main d’œuvre locale et un chiffre d’affaires de 1,837 milliard Fcfa pour un bénéfice d’exploitation de 4,118 million de Fcfa par hectare. Mais il aura besoin d’un crédit agricole de 390 millions Fcfa, La variété expérimentée a un cycle végétatif de 70 à 80 jours avec un rendement moyen de 30 tonnes à l’hectare. La production globale attendue est de 13 300 tonnes de pomme de terre pour la présente campagne. Cette quantité aidera, espèrent les initiateurs, à casser la spirale de la crise alimentaire par l’apport de nourriture et d’autres sources de revenus. Le Premier ministre a apprécié l’initiative et espéré que la récolte arrivera sur le marché dans un mois et demi au plus tard. Mme Cissé Mariam Kaïdama Sidibé s’est aussi inquiétée de la conservation du tubercule au regard de l’importante production attendue. Des dispositions sont prises dans ce sens, a assuré, le président directeur général de l’Office du Niger, Amadou Boye Coulibaly. Mais compte tenu de l’effet de la crise, la production est censée être évacuée directement sur les marchés, a-t-il souligné. La production est échelonnée sur toute l’année afin de disposer de ce tubercule en toutes saisons, tout en évitant la saturation du marché et un effondrement des prix. Les responsables de l’Office du Niger espèrent, grâce à cette initiative, parvenir à une meilleure organisation de la filière pomme de terre, et obtenir un fort engagement des banques et systèmes financiers décentralisés dans la mise en œuvre du programme. D’autres effets d’entrainement sont souhaités comme l’implication de l’IPR/IFRA de Katibougou et de l’Institut d’économie rurale (IER) dans la production de semences de pomme de terre en zone Office du Niger, l’installation de cases de conservation au niveau individuel, de chambres froides au niveau communautaire et chez des privés. Le programme devrait également favoriser la mise en place d’unités de transformation, de système efficace et fiable de contrôle et de certification des semences et de la production à l’échelle nationale. L’ambition est de couvrir les besoins nationaux, d’exporter dans la sous-région et d’améliorer la qualité de la nutrition en vue de vaincre l’insécurité alimentaire. Après la visite de la parcelle expérimentale de production de pomme de terre des femmes, la délégation s’est rendue sur le périmètre agro-pastoral de Modibo Kéita. Cet opérateur économique spécialisé dans l’importation des produits alimentaires, évolue maintenant vers la production. L’agro-entrepreneur a déployé d’importants moyens pour se lancer dans cette activité. Les équipements dont il dispose sont dignes d’une ferme agricole moderne : tracteurs de grande puissance, multiculteurs, moissonneuses-batteuses, botteleuses, etc... Le Premier ministre a visité ses 38 hectares de pomme de terre et l’a félicité pour son initiative, avant d’inviter d’autres opérateurs économiques à investir dans l’agriculture.