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PostHeaderIcon Mort du conducteur de Sotrama : APRèS LE DRAME, LES QUESTIONS

L’incident tragique survenu entre une patrouille de police et un véhicule Sotrama dans la nuit du 21 au 22 février continue d’alimenter les passions et de soulever des interrogations sur le déroulement des faits. Autre interrogation : devait-on en arriver là pour une simple opération de contrôle ?

Mort du conducteur de Sotrama : APRèS LE DRAME, LES QUESTIONS

Rappelons que cet incident qui s’est produit dans la nuit de lundi à mardi, entre 5 et 6 heures du matin dans les environs de l’ex-Malimag au centre commercial de Bamako, a coûté la vie au conducteur d’un minibus Sotrama, suscitant une forte réprobation. Car tout simplement, la mort d’un citoyen sous les balles d’un agent dont la mission est de le sécuriser, est toujours difficilement compréhensible. Il faut sans doute rappeler le contexte général dans lequel est survenu ce drame. Face à la multiplication des agressions et autres actes de banditisme de plus en plus audacieux dans la capitale, les autorités en charge de la sécurité ont demandé à toutes les unités de sécurité de la capitale d’entreprendre des actions d’envergure. C’est ainsi que ces dernières semaines, l’on a assisté à la multiplication de patrouilles regroupant souvent policiers, gendarmes et gardes. C’est l’une des patrouilles, celle de la Brigade anti-criminalité (BAC), qui est impliquée dans le tir mortel. C’est elle qui avait intercepté entre 5 et 6 heures du matin le Sotrama dont le conducteur décédera des suites de ses blessures. Mais que s’est-il réellement passé ? C’est la question que l’opinion se pose. Selon le directeur général de la police nationale, le contrôleur général Niamé Keita, la zone dans laquelle s’est produit l’incident était sous surveillance depuis deux semaines. Quelques jours avant le drame, des bandits avaient escaladé le mur de la mosquée dite de Yacouba Guindo pour s’introduire dans un bâtiment voisin et perpétrer un vol. Un informateur de la police avait par ailleurs signalé que le 22 février (jour du drame), un minibus Mercedes viendrait livrer de la drogue à des clients. Quand les éléments de la Brigade anti-criminalité aperçurent le Sotrama dont le chauffeur est décédé, ils auraient aussitôt cru qu’ils tenaient ainsi le véhicule annoncé par l’informateur. Selon leur version, ils auraient alors fait signe au conducteur de s’arrêter. Ce dernier qui était en compagnie d’une autre personne dans la cabine, aurait fait mine de ralentir et en même temps, un coup de feu serait parti du Sotrama. Les policiers aurait alors riposté. Le second occupant de la cabine se serait alors jeté hors du véhicule pour prendre la fuite. Quand les éléments de la patrouille arrivèrent au niveau du véhicule, ils constatèrent que le conducteur était mortellement blessé. Ils le transportèrent à l’hôpital Gabriel Touré où il rendra l’âme au service des urgences. Cette version officielle diffère sur bien des points d’une autre que nous a livrée un agent de police sous le sceau de l’anonymat. Ce dernier assure que deux policiers (un sergent titulaire et un sergent stagiaire) étaient effectivement dans le secteur quand le Sotrama passait. L’un d’eux aurait sifflé pour demander au conducteur de s’arrêter. Le chauffeur, Mamadou Coulibaly dit « Dix » aurait attendu que l’agent le salue et réclame les pièces du véhicule, pour ouvrir violemment la portière, heurtant le policier qui recula en titubant. Puis le véhicule aurait démarré en trombe. L’un des policier aurait alors dégainé pour tirer dans la roue arrière tandis que son collègue expédiait une rafale en direction du véhicule atteignant mortellement le conducteur dans le dos. La version des syndicats de transporteurs ne correspond sans doute pas à ces scénarios. Malheureusement, nos tentatives pour rencontrer Maharafa Touré, le président de la Fédération nationale des chauffeurs et conducteurs urbains sont restées infructueuses. Par contre, contactés, Cheick Oumar Cissé, le secrétaire général du comité de la ligne Lafiabougou et Fadialan Diawara, l’organisateur en chef du même comité, ne souhaitèrent pas s’exprimer avant l’enterrement de la victime, qui devait avoir lieu hier dans l’après-midi à Sénou.