Près de 50.000 personnes ont pris d’assaut le stade du 26 Mars, samedi, à l’appel du Haut conseil islamique pour manifester leur adhésion au document
Après son meeting d’août 2009, le Haut conseil islamique du Mali (HCIM) a gagné une fois de plus le pari de faire le plein du stade du 26 Mars. Samedi, très tôt le matin, la communauté musulmane de Bamako à laquelle se sont jointes des délégations venues de l’intérieur, notamment Nioro, Ségou et de la périphérie de la capitale a pris d’assaut les gradins du stade. La foule très compacte et très dense composée de femmes, de jeunes, de vieux, n’entendait pas se faire raconter les propos de Mahmoud Dicko et des autres responsables religieux. La cérémonie qui devait commencer à 9 heures n’a pu débuter qu’aux environs de 11 heures pour prendre fin peu avant la prière de 14 heures. La forte mobilisation du HCIM qui a pu drainer plusieurs responsables politiques nationaux fait suite à un appel lancé sur les antennes des radios locales et sur la télévision nationale. Ce samedi, les musulmans du Mali ont pu jauger une fois de plus leurs forces et ont profité de la présence de près de 50.000 personnes pour se féliciter des résultats obtenus après le meeting de 2009. On se rappelle qu’au cours de cette rencontre, ils avaient manifesté leur désaccord sur plusieurs points de la mouture du code des personnes et de la famille adoptée par l’Assemblée nationale à l’époque. Samedi, par la voix de Mohamed Traoré, le HCIM est revenu sur les différents points d’achoppement et a exprimé sa satisfaction sur les nouvelles dispositions adoptées en seconde lecture du document. Mohamed Traoré a passé en revue tous les points de litige et déclaré que « les musulmans du Mali n’ont jamais été contre le code des personnes et de la famille. Nous avons toujours été pour le progrès. Seulement nous avons refusé l’ancien code parce qu’il ne convenait pas à la pratique islamique majoritaire dans notre pays. Aujourd’hui, toutes nos préoccupations ont été prises en compte et le code est devenu celui de tous les Maliens ». « Le respect dû au mari par la femme, ces pratiques que certains appellent mutilations, l’âge du mariage qui a été ramené pour la jeune fille, le refus de l’adoption filiation, la légalisation du mariage religieux ainsi d’autres points que je ne pourrais énumérer, faute de temps constituent des éléments fondamentaux qui ont toujours permis à nos sociétés de se réguler de façon cohérente et d’éviter certaines perditions auxquelles nous assistons par ces temps présents », a souligné Mohamed Traoré. A sa suite, le représentant de la jeunesse au sein du HCIM a exhorté les candidats désireux d’accéder à Koulouba à prendre en compte les préoccupations des populations. Le président du HCIM a salué la bonne compréhension des autorités nationales et en premier le chef de l’Etat. Cependant, il a mis en garde ceux qui semblent vouloir empêcher la promulgation du nouveau texte : « Il faut mettre fin à la récréation. Il est grand temps ». Le Haut conseil rappelle, dans une déclaration distribuée à la presse, son entière disponibilité à contribuer à l’élaboration du code de la personne et de la famille depuis sa création et se dit « convaincu que l’ouverture sur la communauté internationale ne signifie point le reniement de soi ». Il salue « la sage et courageuse décision du président de la République de renvoyer en seconde lecture, le code adopté le 3août 2009 et adhère aux amendements apportés aux code de la personne et de la famille adopté et voté en seconde lecture. Il engage les pouvoirs publics à réaliser dans la transparence, la paix et la sécurité les opérations électorales de 2012 et invite les partis politiques, les candidats et les citoyens du Mali à privilégier l’intérêt général de la nation.