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PostHeaderIcon Mali-BOAD : UN NOUVEAU FINANCEMENT DE 15 MILLIARDS DE FCFA

L’enveloppe est destinée au Projet sucrier de Markala dans son volet agricole et au projet d’aménagement et de bitumage de « la Route du poisson »

Mali-BOAD : UN NOUVEAU FINANCEMENT DE 15 MILLIARDS DE FCFA

La salle de conférence du ministère de l’Economie et des Finances a abrité hier une cérémonie de signature d’accords de prêts entre notre pays et la Banque ouest africaine de développement (BOAD). Les documents y afférant ont été paraphés par le ministre de l’Economie et des Finances, Lassine Bouaré et le vice-président de la BOAD, notre compatriote et ancien ministre Bassary Touré. C’était en présence de plusieurs membres du gouvernement ainsi que des responsables de l’institution bancaire. Les accords de prêts sont relatifs au Projet sucrier de Markala dans son volet agricole et au projet d’aménagement et de bitumage de la route Bandiagara- Wô- Bankass-Koro- frontière du Burkina communément appelée « la Route du poisson ». A travers ces accords, la BOAD met à la disposition de notre pays sous forme de prêt une enveloppe de 15 milliards de Fcfa :10 milliards pour le financement partiel du volet agricole du Projet sucrier de Markala et 5 milliards pour l’aménagement le bitumage de « la Route du poisson ». Ces financements couvrent deux opérations qui concourent à la mise en œuvre du Cadre stratégique pour la croissance et la réduction de la pauvreté (CSCRP). Ce nouveau concours porte à 276,4 milliards de Fcfa, le montant total des engagements de la BOAD au Mali tous secteurs confondus dont 90 milliards pour les infrastructures de transport. Le Projet sucrier de Markala constitue un investissement stratégique pour notre pays. Il permettra d’enclencher une dynamique de développement dans la zone de l’Office du Niger sur des bases durables. Le projet comporte deux volets : un volet agricole et un volet industriel. La banque sous-régionale avait déjà mis à disposition un financement de 7,5 milliards de Fcfa à travers son guichet marchand pour le financement du volet industriel qui vise la construction d’une usine de production de sucre, à base de canne à sucre, d’une capacité nominale de 190 000 tonnes par an. La présente enveloppe destinée au volet agricole sera consacrée à l’aménagement de 14 123 hectares dans la perspective d’une production annuelle d’environ 1,48 millions de tonnes de canne à sucre. Il est également prévu des mesures d’accompagnement au profit des populations affectées par le projet. Ces actions d’accompagnement porteront notamment sur le renforcement des capacités et l’aménagement de 2 250 ha dont 1000 ha pour la riziculture et 1250 pour le maraichage. Le projet sucrier de Markala contribuera à réduire considérablement la pauvreté à travers la création d’environ 8 000 emplois directs et 32 000 emplois indirects. Le projet favorisera aussi l’accroissement du revenu des exploitants de 52 156 Fcfa à 513 383 Fcfa par hectare pour la canne à sucre et à 561 340 Fcfa par hectare pour le riz. Et contribuera à l’atténuation et l’adaptation au changement climatique grâce à la maîtrise totale de l’eau, la vulgarisation des variétés de semences adaptées aux conditions climatiques actuelles, à la création de points d’eau, au reboisement et aux économies d’émissions de gaz carbonique estimées à 165 850 tonnes par ans. Le vice-président de la BOAD, Bassary Touré a indiqué que la banque a saisi le caractère prioritaire que notre pays accorde au projet sucrier. Il a par ailleurs souligné que la réussite du projet reste largement conditionné par la mise en œuvre réussie du plan de gestion environnemental et social ainsi que la réinstallation des populations à déplacer. Il s’est dit persuadé que les autorités prendront les dispositions adéquates pour la réinstallation des populations à déplacer et la mise en œuvre de toutes les mesures environnementales nécessaires. S’agissant du projet d’aménagement et de bitumage de la route Bandiagara- Wô-Bankass-Koro-frontière du Burkina Faso, il avait aussi fait l’objet d’un premier financement d’un montant de 4,5 milliards en mars 2007. Le présent prêt de 5 milliards traduit la volonté de la BOAD d’œuvrer pour la réalisation de l’objectif global du projet. A savoir rendre praticable la route en toute saison en vue de dynamiser les échanges économiques entre le Mali et les pays de la sous-région. Il faut rappeler que cette route a constitué par le passé, un maillon important dans les échanges entre notre pays, le Ghana, le Togo, le Benin et le Nigéria. Les camions chargés de poisson secs et fumés empruntaient la route au départ de Mopti pour le Ghana et revenaient chargés de colas et de divers produits de première nécessité à partir des villes d’Accra et de Koumassi. Ces échanges commerciaux ont valu à l’axe routier le nom de « Route du poisson ». Aujourd’hui, cette route joue un rôle économique très important dans l’approvisionnement des régions du centre et du nord du pays à partir des ports du Ghana, du Benin, du Nigéria et du Togo. A travers les ressources du prêt complémentaire pour le financement du projet, il est prévu d’une part d’améliorer le tracé de la route par l’augmentation des rayons en plan au niveau de la falaise de Wô et d’autre part de mettre au gabarit les ouvrages hydrauliques existants pour les rendre compatibles avec les normes communautaires. Le vice-président de la BOAD a assuré que les préoccupations des populations de la zone du projet seront prises en compte comme l’accès à l’eau potable avec la mise en place de mini systèmes d’adduction d’eau qui comprennent pour chacun des forages présentant un débit suffisant, la construction d’un château d’eau, la mise en place d’un système de pompage alimenté par des panneaux solaires et la réalisation d’un réseau de canalisations avec des bornes fontaines. L’un des problèmes majeurs rencontrés dans l’exploitation des infrastructures routières dans notre sous-région est l’affectation des ressources adéquates à l’entretien des routes en temps opportun. Bassary Touré s’est réjoui des efforts réalisés depuis 2009 par l’Etat malien dans la mobilisation des ressources destinées à cet effet notamment, l’exploitation des postes modernes de péage et de pesage routiers. Ces efforts permettent d’accroître chaque année les ressources de l’Autorité routière, destinées à l’entretien des infrastructures. Le ministre de l’Economie et des Finances, Lassine Bouaré, a pour sa part indiqué que par ces deux opérations, la BOAD marque sa présence et son engagement aux côtés du gouvernement dans ses efforts de développement, particulièrement dans deux secteurs clefs et à forte valeur ajoutée : les infrastructures routières et l’agro-industrie.