Grâce à la réactivité de l’Office de protection des végétaux, les infestations de ravageurs n’ont eu aucune incidence économique sur les récoltes cette année
L’Office de protection des végétaux (OPV) a tenu mercredi dans la salle de conférence de la structure la 6è session de son conseil d’administration. Celle-ci était placée sous la présidence de Mme Togora Fadimata Walett Abdoulaye, conseillère technique au ministère de l’Agriculture. La campagne phytosanitaire qui s’achève, a été jugée calme par rapport à la précédente. Toutefois, elle a été marquée par des menaces d’oiseaux granivores dans les zones rizicoles dans les aménagements hydro-agricoles des régions de Ségou, Mopti, Tombouctou et Gao. Elle a été aussi marquée par des manifestations d’autres déprédateurs comme des sautériaux dans la bande sahélienne et des chenilles défoliatrices dans les régions de Koulikoro, notamment dans le cercle de Dioïla, les zones de l’Office du Niger et dans certaines communes de la région de Sikasso, où ce ravageur était jusque là inconnu des producteurs. Les manifestations les plus sensibles ont été celles d’oiseaux granivores, notamment le mange-mil endémique dans les zones rizicoles. Les principales aires d’habitat et de reproduction ont été géo-référencées et ont permis le traitement de 906 hectares. L’utilisation de filets de capture d’oiseaux et d’autres méthodes alternatives de lutte ont été privilégiées au cours de la campagne. Pour les chenilles défoliatrices, qui ont fait leur apparition pour la première fois dans la région de Sikasso, notamment dans les cercles de Sikasso et de Kadiolo et à la frontière avec la Côte d’Ivoire, les infestations ont été maîtrisées avec l’appui des agents d’encadrement de la CMDT et de la Direction régionale de l’agriculture (DRA) avec la participation active des paysans et des collectivités territoriales. Ces interventions ont conduit au traitement de 1898 hectares. Grâce à la vigilance et la diligence de l’OPV, les infestations de ces ravageurs n’ont eu aucune incidence économique sur les récoltes, ce qui aura permis d’enregistrer, au titre de la campagne agricole 2009/2010, une production céréalière record. Pour la nouvelle campagne agricole qui démarre, le programme phytosanitaire est basé particulièrement sur la formation des producteurs à gérer non seulement la production, mais aussi les ravageurs des cultures. Les paysans seront accompagnés dans un processus de production permettant de mieux produire dans des conditions environnementales saines et à moindre frais. Ils seront formés à l’approche "Gestion intégrée de la production et des déprédateurs à travers les champs écoles paysans", au diagnostic des problèmes de production auxquels ils seront confrontés et à identifier les solutions appropriées. Toutes ces actions doivent concourir à mettre sur le marché des produits agricoles compétitifs, conformes aux standards exigés. Dans les jachères et les pâturages, des postes d’observation seront implantés afin de prévenir les pullulations et de prendre les mesures d’intervention qui s’imposent. L’OPV ambitionne de faire du producteur un professionnel qui aura la maîtrise du traitement phytosanitaire et dont les produits sont compétitifs sur le marché. Les connaissances en matière de gestion intégrée de la production et des déprédateurs (GIPD), utilisées à bon escient, contribueront à installer la sécurité alimentaire et à jeter les bases d’une agriculture durable. Une des caractéristiques essentielles de la campagne agricole 2010/2011 sera la généralisation de l’approche GIPD afin de démultiplier les techniques appropriées de gestion des nuisibles par l’implication du plus grand nombre de producteurs à travers la formation du personnel d’appui-conseil et le renforcement de l’appui aux structures appliquant déjà la méthode. L’OPV bénéficie d’un budget de 1,025 milliard Fcfa pour mener à bien ses missions pour la campagne agricole 2010/2011. Sur ce budget, plus de 605,8 millions Fcfa seront consacrés à la surveillance et la lutte contre les déprédateurs.