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PostHeaderIcon Lutte contre le terrorisme dans l’espace sahélo-saharien : LE MINISTRE OUANE EXPLIQUE

Le patron du département des Affaires étrangères a rencontré des responsables de presse pour leur expliquer le contexte et les résultats de la réunion de 7 pays de l’espace sahélo-saharien à Alger

Lutte contre le terrorisme dans l’espace sahélo-saharien : LE MINISTRE OUANE EXPLIQUE

L’opération de com’ initiée par le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, était sans doute bienvenue. En effet, depuis le rappel par l’Algérie et la Mauritanie de leurs ambassadeurs à Bamako dans la foulée du jugement à Bamako et de la libération deux Algériens, un Mauritanien et Burkinabé, puis la réunion le 16 mars dernier des ministres des Affaires étrangères de 7 pays de l’espace sahélo-saharien, nos compatriotes se posent beaucoup de questions. Notre pays devait-il participer à la rencontre d’Alger ? Qu’en est-il du sommet des chefs d’Etat de la zone sahélo-saharienne sur la paix, la sécurité et le développement, proposée par notre pays et qui n’arrive toujours pas à se tenir ? Que faut-il penser de la décision d’Alger et de Nouakchott de rappeler leurs ambassadeurs à Bamako pour consultations ? Pourquoi la Mauritanie n’a pas signé le communiqué sanctionnant la réunion d’Alger ? Voilà entre autres questions auxquelles le ministre Moctar Ouane a tenté de répondre hier au cours d’un déjeuner de presse avec des responsables de médias. L’exercice qui s’inscrit dans une démarche de transparence, s’est déroulé à l’hôtel Salam. Fallait-il se rendre à Alger à la réunion des ministres des Affaires étrangères de 7 pays de l’espace sahélo-saharien, après l’attitude de l’Algérie envers notre pays ? Pour le ministre Ouane, la réunion d’Alger était pertinente, car après tout ce qui s’est passé dans l’espace sahélo-saharien ces derniers temps, il fallait faire une évaluation complète de la situation. « Nous sommes allés à Alger pour défendre nos positions. En nous y rendant, nous voulions nous assurer qu’il ne s’agissait pas d’une nouvelle initiative, ni le début d’un autre processus, mais le prolongement de la rencontre de Bamako de novembre 2008", a-t-il explicité. A ce propos, le ministre a confirmé que la réunion d’Alger a confirmé l’organisation d’un sommet des chefs d’Etat de la zone à Bamako, sur la paix, la sécurité et le développement. Mais la Mauritanie n’a pas signé le communiqué. Son ministre des Affaires étrangères ayant argué que son pays n’avait pas participé à la réunion de Bamako qui avait avalisé cette initiative. Le ministre Ouane rappelé qu’à cette période, la Mauritanie était sous sanction à cause du changement anticonstitutionnel intervenu à Nouakchott. Elle ne pouvait donc pas participer à certaines réunions internationales. Dans tous les cas, le fait que la Mauritanie n’a pas signé le communiqué ne remet nullement en cause le choix de Bamako pour abriter le sommet des chefs d’Etat, tous les autres pays ayant paraphé le document. Alors à quand les sommet des chefs d’Etat ? A cette question, le ministre invoque un problème de choix de calendrier. Avec les chefs d’Etat, ce n’est pas toujours facile. Il y a surtout des angles à arrondir. Mais le processus est presque bouclé et il ne reste que les chefs d’Etat se réunissent pour adopter l’engagement solennel. La réunion d’Alger préconise que les chefs d’Etat se réunissent « dans les meilleurs délais ». Interrogé sur l’attitude de l’Algérie et de la Mauritanie qui ont rappelé leurs ambassadeurs à Bamako, Moctar Ouane a reconnu que l’épisode a jeté un coup de froid sur nos relations avec les deux pays. Mais cela fait partie de l’arsenal diplomatique, a-t-il commenté. Enchaînant sur les accusations de certains pays contre le Mali par rapport à la lutte contre le terrorisme, Moctar Ouane a été ferme. « A Alger, nous avons expliqué tous les efforts que nous faisons dans la lutte contre Al Qaïda pour le Maghreb islamique. Nous avons rappelé que Mali a perdu une quarantaine de militaires dans un seul combat contre Aqmi en juillet 2009. Aucun autre pays n’a perdu autant de soldats dans une seule bataille contre les terroristes », a-t-il martelé en rappelant que le Mali est en train d’adapter son arsenal juridique au contexte de la lutte contre le terrorisme avec la création de nouveaux instruments de lutte contre le fléau. Il ressort du communiqué final de la réunion d’Alger que les ministres ont procédé à une « évaluation exhaustive de la situation de la région marquée par la persistance de la menace terroriste et ses connexions avec le banditisme frontalier, trafics d’armes et de drogues ». Ils ont souligné la nécessité de dynamiser les mécanismes de coopération bilatérale et régionale. Un volet important est accordé aux programmes de développement durable pour l’amélioration des conditions de vie des populations, en particulier des jeunes et leur réinsertion socio-économique. La réunion d’Alger a souligné que la prévention et la lutte contre le terrorisme et ses connexions doivent procéder d’une approche intégrée coordonnée et intégrée et s’articuler sur quatre niveaux : national, bilatéral, régional et international. Les ministres ont rappelé la validité et la pertinence des conclusions de la conférence ministérielle tenue à Bamako en novembre 2008 et confirmé le format de ce cadre de consultation et de coopération sous-régionale. Toujours selon le texte, les ministres ont souligné la primauté du principe de responsabilité des Etats de la région dans la prise en charge des défis auxquels est confrontée la région sahélo-saharienne. A cet égard, des mesures sont prises pour rendre opérationnel le conseil des chefs d’état-major, issu de la réunion de Tamanrasset. Ces chefs d’état-major et les responsables des pays concernés de la lutte anti-terroriste se réuniront à Alger le mois prochain.