Des parlementaires de la Communauté économiques des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) effectuent actuellement une visite d’étude dans notre pays.
Le coup d’envoi de cette mission a été donné hier au cours d’une cérémonie présidée par le président de l’Assemblée nationale, Dioncounda Traoré. La cérémonie s’est tenue à l’hôtel Salam et a enregistré la présence de nombre de députés du parlement sous-régional et des élus nationaux. L’objectif de cette visite d’études est de permettre aux parlementaires de mesurer l’application des politiques d’intégration dans notre pays. Durant cinq jours, les parlementaires de la communauté effectueront des visites aux frontières intra-communautaires. Ils rencontreront les services douaniers, les structures fiscales et les services de sécurité en charge du contrôle des mouvements migratoires. Ils auront également comme interlocuteurs, les autorités administratives et politiques ainsi que la population. Ils tiendront des ateliers sur les différents textes sous-régionaux relatifs au processus d’intégration et vérifieront l’effectivité de leur application. L’importante délégation de parlementaires communautaire est composée de membres des trois commissions du parlement les plus impliquées en matière d’intégration : la commission des affaires juridiques et judiciaires, celle du commerce, de la douane et de la libre circulation des personnes et la commission des droit de l’homme et de la protection de l’enfance. Cette visite, a précisé le président de la commission du commerce, la douane et la libre circulation des personnes, l’honorable Manuel Serifo Nnamajo, constitue un signal fort de la volonté d’aller vers une intégration effective des États membres de l’espace CEDEAO. Plus concrètement, la mission évaluera l’application du protocole relatif à la libre circulation des personnes et des biens dans l’espace CEDEAO. Cela est d’autant plus important que le respect de ce principe cardinal de l’intégration sous-régionale n’est toujours pas évident. En effet, les populations sont encore victime de multiples obstacles entravant considérablement le commerce sous régional et le rapprochement entre les citoyens ouest-africains. Mais ces dernières années, la Commission de la CEDEAO a fait de la question, son cheval de bataille en adoptant un plan d’allégement des formalités de passage aux différents postes frontaliers, et en mettant en place un système électronique performant qui sécurise les documents de voyage. Ces mesures visaient à faciliter la circulation des personnes et des biens à l’échelle communautaire tout en évitant d’exposer les populations au danger du trafic des personnes, de stupéfiants et d’autres pratiques criminelles. Plusieurs années après l’adoption et la ratification du protocole relatif à la libre circulation des personnes et des biens dans l’espace CEDEAO par l’ensemble des États membres, le constat reste décevant, a cependant regretté Manuel Serifo Nnamajo. "Les entraves au mouvement des personnes et des biens au sein de la sous-région restent plus que jamais vivaces, limitant considérablement les opportunités d’échanges et de coopération entre les populations ouest-africaines", a-t-il critiqué, ajoutant que cette visite d’études au Mali contribuera à lever les obstacles à la libre circulation des personnes et des biens dans l’espace communautaire. Le président de l’Assemblée nationale, Dioncounda Traoré, a confirmé que l’intégration ne pourra être effective tant que l’on continuera à s’accrocher aux frontières artificielles léguées par le colonisateur. Il a aussi critiqué la persistance des tracasseries policières et douanières sur nos routes, avant d’appeler à la levée de toutes barrières fictives.