Le Premier ministre, Modibo Sidibé, a réitéré l’engagement du gouvernement d’améliorer les conditions de vie et de travail des enseignants et a proposé une date-butoir : fin 2010
Depuis le 19 mars dernier, les enseignants affiliés au Syndicat national de l’enseignement supérieur (SNESUP) sont en grève illimitée pour soutenir leurs revendications. Les syndicats de l’enseignement secondaire et fondamental observent, eux, un mouvement de 5 jours depuis lundi. Face à cette situation, le gouvernement ne pouvait pas ne pas réagir. Il a repris l’initiative en conviant hier les syndicats d’enseignants à une rencontre. Celle-ci a été présidée par le Premier ministre Modibo Sidibé à la Primature. A la rencontre ont participé les dirigeants du SNESUP, de la FEN et du SNEC. C’était en présence de plusieurs membres du gouvernement dont Salikou Sanogo, (Education, Alphabétisation et Langues nationales), Mme Siby Ginette Bellegarde (Enseignement Supérieur et Recherche scientifique), Abdoul Wahab Berthé, (Travail, Fonction publique et Réforme de l’Etat) et Ibrahima N’Diaye, (Emploi et Formation professionnelle). Introduisant les débats, le chef du gouvernement a souligné la place de l’école dans un pays avant de rappeler que depuis le Forum national sur l’éducation en 2008, les partenaires de l’éducation ont décidé de se parler. Il y va de l’avenir de la nation, a relevé Modibo Sidibé. D’entrée de jeu, le chef du gouvernement a reconnu la nécessité de revoir les conditions de vie et de travail des enseignants. Conformément aux recommandations et à la déclaration du Forum, ces conditions doivent être améliorées, mais à la lumière des possibilités de l’Etat. Tout engagement, toute action décidée par le gouvernement doit être économiquement et socialement soutenable.
PAS DE DESACCORD INSURMONTABLE. Le Premier ministre a réaffirmé la volonté du gouvernement d’aller dans le sens de l’apaisement. Il a admis qu’il pouvait y avoir des incompréhensions mais sur le fond, pas de désaccord insurmontable. Tous les engagements pris, a-t-il laissé assuré, seront tenus. Les partenaires doivent accepter de s’écouter. Les réformes engagées pour que l’école malienne se porte mieux seront maintenues. Au cours des discussions, il sera possible de donner l’occasion de préciser des stratégies et d’éclaircir des revendications. Trois heures de discussion ont suivi cette introduction. L’occasion de faire le tour des revendications, du cadre de discussion à maintenir et des efforts à faire de part et d’autre. Tirant les conclusions de la rencontre, Modibo Sidibé a rappelé l’existence d’un cadre partenarial et souhaité que l’on puisse travailler dans la confiance. Il existe bien, confirme-t-il, un protocole, mais manifestement l’application n’est pas satisfaisante. Il a réaffirmé la disponibilité du gouvernement à faire avancer les statuts. L’éducation, assure-t-il, occupe une place importante pour les plus hautes autorités du pays. Plus du tiers de la masse salariale payée dans notre pays est versé à l’éducation. Si des efforts ont été faits, ils sont insuffisants, admet Modibo Sidibé. "Nous devons aller de l’avant", a-t-il lancé, en se disant d’accord pour revaloriser les salaires dans l’enseignement. Pour cela, il propose de se placer dans un agenda de négociations. « Le gouvernement s’engage à terminer toutes les réformes avant la fin de l’année 2010. Donc, on peut estimer qu’on est d’accord sur l’essentiel. Il reste à discuter des modalités », a relevé le chef du gouvernement. Plus spécifiquement, concernant l’enseignement secondaire, Modibo Sidibé est favorable à la prime de logement. Il existe une indemnité qui servira de base de travail. Il faut installer un groupe de travail qui regroupera les départements concernés et les partenaires. Dans le même temps, le Premier ministre a rappelé les enseignants à leurs obligations.
DES AVANTAGES A REVOIR. Un autre point de discorde reste l’intégration des contractuels dans la Fonction publique d’Etat. Modibo Sidibé a assuré qu’en réalité, dans la Fonction publique d’Etat comme dans celle des collectivités, il n’y a pas de précarité, contrairement à ce que l’on fait croire. L’Etat veillera à la préservation des plans de carrière. En outre, le Conseil supérieur de l’éducation entretiendra la dynamique en cours. Pour ce qui est de la grève illimitée déclenchée dans l’enseignement supérieur, le chef du gouvernement est dans la même disposition d’esprit : il est d’accord pour la revalorisation des conditions de vie et de travail des enseignants. Des carrières et des avantages sont à revoir. Il faut se placer dans une nouvelle perspective. Ici aussi, Modibo Sidibé s’engage à améliorer les choses avant la fin de l’année 2010. Ici aussi, les modalités doivent être discutées. Le Premier ministre a donc demandé à nouveau aux partenaires d’aller vers un agenda de négociation. Il est possible, a-t-il admis, de revaloriser le taux de l’heure supplémentaire. Mais dans le même temps, il est envisageable de rationaliser l’heure supplémentaire. Le gouvernement a commandé des études sur la question dont les résultats sont attendus. En conclusion, Modibo Sidibé a estimé que sur le principe, il y avait un accord. Il est possible d’avancer ensemble. Le supérieur aura son statut, tous les textes attendus seront signés avant fin 2010. Les propos conciliateurs du Premier ministre ont-ils été entendus ? Pas si sûr car au sortir de la rencontre, le secrétaire général du SNESUP, Abdou Mallé, a confié aux journalistes que la grève illimitée du Syndicat de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique se poursuivrait. Pour lui, pas question de lever le mot d’ordre de grève avant l’adoption des nouveaux textes et de leurs décrets d’application. Pour l’enseignement secondaire, la grève prend fin aujourd’hui. On verra quelle suite les syndicalistes vont donner à leur mouvement.