Les officiers stagiaires de la 22è promotion d’École d’État Major de Koulouba et ceux de la 2è promotion du Cours d’État Major de gendarmerie de Faladié ont été reçus hier dans la salle de banquet du palais de Koulouba.
Vingt neuf officiers stagiaires de onze pays et dix de cinq pays d’Afrique se sont donné rendez-vous à Koulouba pour, disent-ils, s’imprégner des conseils de leur "aîné", le chef suprême des Armées. Le président Amadou Toumani Touré avait à ses côtés la ministre de la Défense et des Anciens Combattants, Natié Pléa, celui de la Sécurité Intérieure et de la protection civile, le général Sadio Gassama, le secrétaire général de la présidence, Diango Sissoko, et le chef d’État Major général des Armées, le général Gabriel Poudiougou. C’est ce dernier qui s’exprimera le premier pour remercier le président de la République pour sa disponibilité et son attachement à la formation des cadres militaires du continent. Depuis 2003-2004, en effet, les différentes promotions de l’EEM de Koulikoro qui se sont succédé, ont toujours été reçues par le président pour partager son expérience en matière militaire et parfois politique. Le thème de cette année - "la culture de la paix" – a été abordé sous deux angles : l’expérience malienne de la gestion consensuelle du pouvoir de 2002 à 2007 et la crise du 23 mai 2006 au Nord du Mali. Après la Transition qui a duré quatorze mois, expliquera Amadou Toumani Touré, "j’ai pris part à la résolution de plusieurs foyers de tension en Afrique". Il a cité notamment la RDC, la République Centrafricaine, le Rwanda et le Burundi. Ce capital d’expériences l’a conduit à proposer à la classe politique malienne après son élection en 2002, une gestion consensuelle du pouvoir. Dans la compréhension du président, la gestion consensuelle du pouvoir signifie gouverner tous ensemble, en tenant compte de nos différences. La particularité de cette idée résidait, de son point de vue, dans le fait qu’elle ne découlait d’aucune crise postélectorale. La démarche est donc consciente, volontaire pour mettre en commun les efforts des forces associatives et démocratiques pour le développement du Mali. Cependant, notera Amadou Toumani Touré, la gestion consensuelle n’est pas synonyme d’unanimisme, mais fait ressortir la notion de compromis. Cette notion, précisera-t-il, "ne veut pas dire que tout le monde soit d’accord ou que tout le monde soit satisfait du résultat". Mais, il s’agit de rechercher la satisfaction d’une plus grande majorité. Revenant sur l’attaque du 23 mai 2006, le chef de l’État décrira une action menée par une minorité de l’ethnie touarègue à laquelle il fallait réagir avec esprit de discernement afin d’éviter l’amalgame. Ainsi, de Diéma, a rappelé le président Touré "j’ai fais une annonce en appelant le peuple malien et nos forces armées à beaucoup de retenue. Mon appel heureusement a été entendu". Il a ensuite décrit la situation dans la bande sahélo-saharienne pour insister sur la nécessité de conduire des actions communes pour maitriser un espace trop grand à contrôler pour chaque Etat pris isolément. Parmi les questions abordées à la suite de cet exposé, le retrait de la coopération française de la gestion de l’EEM après la sortie de la 23è promotion de l’établissement. Amadou T. Touré a relevé que l’école avait pleinement réussi sa vocation d’intégration africaine et promis de rencontrer le président Nicolas Sarkozy pour débattre de la question sans l’écarter la possibilité de « réponses africaines ». Il a aussi tenu à remercier le colonel Dominique Boutineau, coopérant français en fin de mission dans notre pays. Les stagiaires de Koulikoro étaient conduits au palais de Koulouba par le colonel Soungalo Coulibaly directeur du centre et le lieutenant colonel Saint Germain, directeur des études. Les dix stagiaires de la gendarmerie étaient sous les ordres du colonel Diamou Keïta, directeur des écoles de gendarmerie.