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PostHeaderIcon Journée internationale des femmes : PLAIDOYER POUR UNE ÉGALITÉ DES CHANCES

Malgré les efforts de l’État et les progrès juridiques, les femmes butent sur de nombreuses entraves, notamment socioculturelles

Journée internationale des femmes : PLAIDOYER POUR UNE ÉGALITÉ DES CHANCES

Le président de la République Amadou Toumani Touré a présidé hier sur l’Avenue du Mali, les festivités commémoratives de la Journée internationale de la femme. C’était en présence de son épouse, Mme Touré Lobbo Traoré, la présidente de la Fondation pour l’Enfance. Étaient également de la fête le Premier ministre Modibo Sidibé, les membres du gouvernement et des institutions de la République, ainsi que les représentants du corps diplomatique et des organisations internationales. La Journée internationale de la femme célébrée le 8 mars de chaque année commémore le combat des ouvrières des usines de textile de Chicago aux Etats-Unis qui en 1857 ont manifesté pour réclamer de meilleures conditions de travail. Depuis, la communauté internationale a choisi cette date pour rendre hommage à ces pionnières de l’émancipation de la femme mais également pour attirer l’attention des décideurs sur la situation des femmes dans le monde. La Journée internationale de la femme permet ainsi de mobiliser les initiatives et les énergies en faveur de la femme, un acteur incontournable du processus de développement. La célébration d’hier se déroulait dans un contexte international marqué par le lancement d’une nouvelle entité dédiée aux femmes par les Nations Unies. Dénommée l’ONU-Femmes, cette institution a été adoptée en février dernier lors de la 55è session l’organisation sur la condition de la femme. Le thème retenu cette année pour célébrer le 8 mars est la "Promotion d’un accès égalitaire pour les femmes au plein emploi et à travail décent". L’éducation étant l’un des principaux moteurs de la croissance économique et du changement social, elle contribue à la réalisation de l’égalité des sexes. Quinze ans après la mise en œuvre de la déclaration, du Programme d’action de Beijing et des documents issus de la 23è session extraordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies, les évaluations établissent que les États ont pris diverses mesures pour atteindre les objectifs stratégiques d’éducation et de formation. Dans le même sens, des progrès en termes de réduction des écarts entre les sexes ont été réalisés pour remédier aux multiples formes de désavantages dont sont victimes les filles notamment les obstacles financiers et culturels. Le thème retenu cette année montre que l’accès au plein emploi et à un travail décent est fortement lié au niveau d’éducation et à la formation professionnelle. Il interpelle les hommes à promouvoir de façon égalitaire l’accès des femmes à un emploi productif tout en leur assurant protection et sécurité dans le travail, a expliqué Mme Maïga Sina Damba. Dans notre pays, malgré les efforts de l’État, les femmes restent confrontées à des obstacles dans l’acquisition d’expérience et de qualification requises pour certains emplois. Ces entraves sont liées aux responsabilités familiales accrues, au refus des conjoints de supporter les horaires tardifs ou les déplacements en dehors du foyer et au faible niveau d’éducation et de formation professionnelle des femmes. Dans les pays en voie de développement, un tiers des femmes de 15 à 24 ans sont sans emploi contre un cinquième des hommes de la même tranche d’âge. Chez nous, sur l’ensemble des emplois déclarés en 2006, seulement 7,2 % étaient occupés par les femmes. De même selon l’ANPE en 2006, 17,72% seulement des femmes étaient demandeuses d’emplois. Par ailleurs en 2009, la Fonction publique malienne a enregistré, toutes catégories confondues, une proportion de 3 hommes pour une femme. Le même déséquilibre est relevé parmi les contractuels de l’État et dans le secteur privé, a précisé Mme Maïga Sina Damba. "Il est vrai que notre pays a pris des dispositions législatives au plan national et a souscrit aux conventions internationales prônant l’égalité entre les hommes et les femmes en matière d’emploi et de travail. Toutefois, il continue d’y avoir un écart entre d’une part les droits inscrits dans les législations nationales et les normes internationales, et d’autre part la situation réelle des travailleurs", a constaté le ministre qui a rappelé que l’Organisation internationale du travail (OIT) garantit la promotion de l’égalité et les principes fondamentaux de l’égalité des chances dans le travail. " L’égalité des chances dans le travail doit être rendu effectif. Sa connaissance et sa diffusion pourront garantir l’intégration des questions d’égalités sur le marché de l’emploi", a préconisé le ministre qui a salué les efforts du gouvernement dans ce sens. Le président de la République, Amadou Toumani Touré, a souligné combien la question de la femme restait tributaire d’un changement des mentalités dans notre pays. Il a exhorté les hommes à s’impliquer dans cette reconversion des mentalités indispensable au développement de notre pays. "J’ai initié beaucoup de chose dans l’égalité des sens. Même si certaines n’ont pas marché, il faut persévérer", a jugé le président Touré. Autre temps fort de la cérémonie : la remise au chef de l’État du document de plaidoyer pour la "promotion d’un accès égalitaire pour les femmes au plein emploi et un travail décent". Le document fait l’état des lieux de l’égalité de chances des femmes au travail et propose des recommandations en la matière. La cérémonie a été aussi marquée par un hommage rendu au chef de l’État par les femmes à travers un poème et un tableau. Amadou Toumani Touré a également visité les stands exposant le savoir-faire des femmes.