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PostHeaderIcon Fin de la visite du président Touré au Brésil : LES DIVIDENDES DU PRAGMATISME

Le modèle de développement qui a fait du Brésil un pays moderne peut, sur bien des points, inspirer le Mali

Fin de la visite du président Touré au Brésil : LES DIVIDENDES DU PRAGMATISME

C’est un président Amadou Toumani Touré très impressionné qui a bouclé dimanche par Fortaleza sa visite officielle de six jours au Brésil. L’État de Fortaleza était l’État le plus pauvre du Nord-Est brésilien. La visite du chef de l’Etat ici était motivée par l’extraordinaire développement de cette région qui a su, en un laps de temps relativement court, tirer profit du développement de ses industries minières, de son agriculture (noix de cajou) ainsi que de ses industries textiles, et des peaux et cuirs. Grâce à ces atouts, la ville de Fortaleza est devenue en moins d’une dizaine d’années une mégalopole moderne avec sur sa façade maritime (littoral de Mucuripe) de grands buildings de construction récente. Comme l’a très souvent dit le président Touré à ses différents interlocuteurs brésiliens, le Mali veut s’inspirer de ces différents modèles de développement. C’est pourquoi il a inclus dans son agenda l’étape de Fortaleza où s’est également développée une importante industrie touristique. Auparavant, il avait pu mesurer les prodigieuses avancées dans la recherche génétique au Brésil à la faveur d’une visite dans l’Entreprise brésilienne de recherche agroalimentaire (Ambrapa). L’Ambrapa est une institution publique, dépendant du ministère de l’Agriculture. Elle emploie 8221 chercheurs (dont 53 % de docteurs) répartis entre 38 centres de recherches au Brésil et deux bureaux en Afrique (Mali et Ghana). Les responsables du centre ont expliqué au président Touré qu’il y a quelques années, le Cerrado qui est la végétation typique du centre du brésil, équivalent de la savane africaine, était considéré comme inexploitable. Aujourd’hui, grâce aux recherches génétiques de l’Embrapa, le Cerrado est devenu le premier producteur de grain du Brésil et du monde. Les chercheurs ont expliqué, diapositives à l’appui, l’importance de l’Embrapa pour ce qu’est aujourd’hui le Brésil, une superpuissance agroalimentaire. L’Embrapa est doté d’un budget annuel de 1 milliard de réaux, soit 550 millions de dollars, soit environ 275 milliards de Fcfa. Il travaille notamment sur le café, le soja, l’agro-énergie et biocarburants (canne à sucre, ...) ou encore la problématique de l’agriculture en zone semi-aride. Amadou Toumani Touré qui était notamment accompagné du directeur de l’Institut d’économie rurale, Bino Témé, s’est félicité de la coopération entre l’IER et l’Embrapa. À Bamako, les deux centres de recherche expérimentent actuellement une variété de coton génétiquement teinté. Bino Temé s’est dit satisfait des résultats obtenus dans les recherches. Les derniers tests sur cette nouvelle semence sont en cours avant leur prochaine vulgarisation. Au-delà de l’économie, la coopération décentralisée a aussi retenu l’attention du chef de l’Etat au cours de ce voyage. À cet effet, il a tenu une séance de travail avec le maire de la ville de Sao Paulo avec lequel il a été surtout question de la lutte contre l’insécurité, l’insalubrité et de l’aménagement d’équipements collectifs, etc. Partout le chef de l’Etat a rencontré la même disponibilité de la partie brésilienne à épauler notre développement. Les Brésiliens voient en cet appui une manière pour leur pays qui compte près 75 millions de Noirs, de s’acquitter d’une dette morale envers les peuples africains. Le président Touré, en fin de séjour, a rendu hommage au peuple brésilien et à son président dont il a salué le parcours politique jusqu’à la magistrature suprême de son pays. Amadou Toumani Touré a dépeint son homologue comme un tribun qui ne s’embarrasse pas de grandes théories politiques. Son pragmatisme et sa vision solidaire ont valu au Brésil de se hisser au rang des pays riches de la planète. Après deux mandats successifs à la tête de ce pays grand comme huit fois le Mali, Luiz Inacio Lula da Silva reste toujours populaire. Avec lui est née une classe moyenne dynamique et la fracture sociale s’est considérablement amenuisé malgré la persistance de favelas que le boom économique est en train d’effacer doucement mais inexorablement. Le président Touré a adressé à son homologue brésilien une invitation à visiter le Mali. L’ancien syndicaliste a volontiers accepté l’invitation. La date sera fixée par voie diplomatique.