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PostHeaderIcon Enseignement supérieur : LES DESACCORDS ALIMENTENT LA MENACE DE GREVE

Le SNESUP projette un arrêt de travail la semaine prochaine, si les négociations qu’il entame aujourd’hui avec le département n’aboutissent pas

Enseignement supérieur : LES DESACCORDS ALIMENTENT LA MENACE DE GREVE

La signature d’adhésion du Mali au système Licence-Master-Doctorat (LMD) date de 2006. Le 31 décembre 2008 a vu l’adoption par notre pays d’un décret instituant le système LMD. Il faut souligner qu’un mois plus tôt, le Forum national sur l’éducation avait demandé d’aller dans ce sens et recommandé la mise en place des conditions requises pour basculer dans le LMD. Ce sont justement ces conditions qui font l’objet d’intenses négociations entre le Syndicat national de l’enseignement supérieur (SNESUP) et le département de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Après une première grève observée les 2 et 3 mars derniers, le syndicat projette un arrêt un arrêt de travail les 16, 17 et 18 mars prochains. Une commission mise sur place par le ministre de la Fonction Publique, du Travail et de la Réforme de l’Etat entreprend à partir d’aujourd’hui de rapprocher les positions des deux parties. Avant même d’entrer dans le vif du sujet, il va falloir apaiser les rancœurs et les récriminations. Depuis le rendez-vous manqué du 22 février dernier sur la relecture du statut du personnel enseignant de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique et des chercheurs, le courant passe mal entre les SNESUP et le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Ainsi, les négociations de ce jeudi ont été délocalisées au CDI à la demande des syndicalistes. Trois points sont sur la table de négociation : l’alignement des salaires sur ceux de la sous-région, la mise en place de la nouvelle hiérarchie et la majoration du taux de l’heure supplémentaire. Le SNESUP milite pour des salaires comparables à ceux des 8 Etats de l’UEMOA. Le secrétaire général, Abdou Mallé, explique qu’il est aussi question de mettre en place une nouvelle hiérarchie. Dans cette nouvelle formule, différente de celle qui a cours dans notre pays, les enseignants du supérieur se divisent en 3 catégories : les assistants (titulaires du DEA), les maîtres de conférence (titulaires de doctorat) et les professeurs (titulaires de doctorat et ayant satisfait à d’autres exigences, notamment de publications). Le corps de maître-assistant qui existe chez nous aujourd’hui, serait donc appelé à disparaître. Le SNESUP entend aussi obtenir la révision du taux de l’heure supplémentaire. Le taux actuel de 2 000 Fcfa/heure date de 1979. Selon Abdoul Mallé, des établissements privés font mieux que l’Etat. Ici aussi les syndicats souhaitent qu’on se situe dans la moyenne de la sous-région. Enfin, le SNESUP demande l’intégration des contractuels à la Fonction publique. Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique assure être ouvert au dialogue. Le conseiller technique Lassana Bénogo Traoré relève que le département et le syndicat partagent le souci d’améliorer les conditions de travail des enseignants du supérieur. « Je ne vois aucun point de blocage », confie-t-il en assurant que tout est négociable. Les deux parties n’envisagent cependant pas les mêmes solutions aux problèmes soulevés. Ainsi, pour l’alignement des salaires, le département fait remarquer qu’il n’existe pas de barème commun à la sous-région. S’il est d’accord pour améliorer les conditions de travail, il n’exclut pas d’y parvenir, par exemple, par le biais des primes. De ce point de vue comme sur la révision du taux de l’heure supplémentaire, les discussions restent ouvertes et Lassana Bénogo Traoré se montre convaincu que cette amélioration des conditions de travail des enseignants est incontournable. La preuve ? En 2003, note-t-il, plus de 200 enseignants avaient été recrutés pour le supérieur. 5 ans après, il ne restait qu’une cinquantaine qui continuaient à donner des cours dans les facultés et grandes écoles. La grande majorité a préféré passer du côté de l’administration car il ne trouvait pas son compte dans l’enseignement. Seule une amélioration des conditions pourrait donc inciter à faire carrière à l’université. L’intégration des contractuels à la Fonction publique ne constituerait pas une bonne solution, estime le ministère. « Ce serait une atteinte à l’autonomie de l’université », juge Lassana Bénogo Traoré, partisan d’une université qui conserverait la possibilité de recruter des contractuels (nationaux et étrangers) en fonction de ses besoins. Mais ici aussi, dit-il, le débat reste ouvert et rien n’est définitif. Si les discussions qui débutent aujourd’hui n’aboutissent pas, les amphis resteront fermés les 16, 17 et 18 mars prochains aux étudiants.