ACTUALITE

PostHeaderIcon Distributions gratuites de céréales aux démunis : UNE VERITABLE BOUFFEE D’OXYGENE

Ces dons sont une manifestation de la solidarité nationale envers les populations les plus éprouvées

Distributions gratuites de céréales aux démunis : UNE VERITABLE BOUFFEE D’OXYGENE

Le Système d’alerte précoce (SAP) a identifié 104 communes en difficulté alimentaire. Les distributions gratuites de céréales font leur apporter une bouffée d’oxygène. En procédant au lancement de cette opération, le Commissaire à la sécurité alimentaire, Yaya Nouhoum Tamboura a souligné que ces dons sont une manifestation de la solidarité nationale envers les populations les plus éprouvées. Les 1.160.981 habitants des régions de Kayes, Koulikoro, Ségou, Mopti, Tombouctou, Gao et Kidal, sont identifiés par le SAP comme étant en situation précaire. Ils recevront 13.589 tonnes de céréales sèches. Chaque personne recevra 85,43 kg. Le programme de secours comprend trois volets. Le premier concerne le démarrage de la distribution gratuite de 20.993 tonnes de sorgho et de mil, dont 13.500 tonnes au profit de 1.150.000 personnes dans 101 communes des régions de Kidal, Gao, Tombouctou, Mopti, Koulikoro, Kayes et Ségou. Le deuxième est consacré à l’extension des ventes d’intervention. Il concerne 11 localités à haut risque de rupture d’approvisionnement : Yélimané, Nioro, Diéma, Nara, Tenenkou, Youwarou, Douentza, Gourma Rharous, Niafunké, Goundam et Diré. Il s’étalera jusqu’au mois de novembre prochain. Cette action assurera la stabilité des approvisionnements et évitera la spéculation anarchique. Le troisième volet autorise la vente par offre publique de 5.000 tonnes de riz aux opérateurs économiques de Mopti, Gao, Tombouctou, Kayes et le District de Bamako. L’offre publique est rendue possible grâce à la coopération japonaise pour augmenter les approvisionnements des centres urbains. Il y aura vente directe de 5.000 tonnes de riz aux populations de Kidal. La remise prochaine d’équipements de pêche est programmée aux associations faîtières de pêcheurs. Bientôt démarrera la mise en place d’une ceinture de sécurité alimentaire, à travers un projet pilote d’installation de banques de céréales. Elles approvisionneront les associations de femmes des quartiers périphériques du district de Bamako et du cercle de Koulikoro. Le comité technique (composé des représentants du SAP et de la sécurité alimentaire) a fait le constat sur le déroulement de la campagne agricole. La campagne a été caractérisée par l’installation tardive des pluies et leur mauvaise répartition dans le temps et dans l’espace, un cumul pluviométrique déficitaire de façon globale, une crue caractérisée par sa lenteur et sa faiblesse (hauteur). Une très faible inondation des plaines de riz de submersion, libre et contrôlée est constatée le long du fleuve de Koulikoro à Gao et des zones de décrue. La faible inondation des frayères empêche une bonne reproduction des poissons. La décrue précoce est entamée dans la deuxième décade du mois d’octobre. Le dernier point constaté a été le pâturage herbacé et aérien très mal fourni. L’inondation des bourgoutières a été insuffisante. Les attaques aviaires sont vérifiées sur toute la bande sahélienne, et sur les céréales sèches.

Des partenaires au secours. Le comité technique a estimé que les emblavures et les superficies récoltables ont été fortement affectées. Cette situation est avérée au niveau des cultures sèches, de bas-fonds et de submersion libre et contrôlée en riziculture. En fin octobre 2011, sous réserve de quelques pluies la campagne était jugée moyenne dans l’ensemble. Mais des zones de mauvaise à très mauvaise production sont signalées dans le Sahel occidental, la zone inondée de Mopti, la bande du fleuve des régions de Tombouctou et de Gao. L’évaluation du SAP, révèle la baisse notoire de la production agricole, pastorale, piscicole. Elle souligne l’insuffisance des revenus et de la hausse des prix des céréales de base de 104 communes. La précarité alimentaire est patente pour une population estimée à 1.699.467 personnes et 55 communes sont classées en difficulté économiques pour une population estimée à 1.193.328 personnes. Au regard de cette situation alimentaire et nutritionnelle préoccupante dans le pays et dans la sous-région, les recommandations du SAP ont été traduites en un plan d’actions à court et moyen termes. Le document a été complété et validé par le gouvernement et ses partenaires techniques et financiers. Le Commissariat à la sécurité alimentaire a mis en œuvre un plan d’urgence pour faire face à la crise. Ce plan se résume à l’achat de 45.886 tonnes de céréales, l’achat de semences de céréales sèches et de semences de pomme de terre. Il est prévu aussi l’achat d’alevins, de 14.500 tonnes d’aliment bétail et de pierre à lécher. La réalisation de ce plan d’urgence va nécessiter un montant de 19,150 milliards Fcfa. Le plan d’action à moyen terme envisage l’achat de 70.512 tonnes de céréales pour la vente à prix modéré, l’alimentation du Fonds de sécurité alimentaire et du Fonds pour la gestion du Stock d’intervention de l’Etat. Il est prévu l’achat de 15.000 tonnes de céréales pour la reconstitution du stock national de sécurité, l’achat de 35.000 tonnes de riz pour la constitution du stock physique d’intervention de l’Etat. La disponibilité de l’aliment bétail et des produits vétérinaires sera améliorée. Les capacités des acteurs de l’élevage seront renforcées. Tout sera mis en œuvre pour rationnaliser l’utilisation des ressources en eau, et procéder à la sensibilisation des acteurs. Ce plan à moyen terme est évalué à 58.540.765.030 Fcfa. Plusieurs partenaires se sont manifesté pour apporter leur appui à l’atténuation de la crise alimentaire. Le Brésil offre 35.000 tonnes de riz à condition que le gouvernement se charge du transport. Le Venezuela donne 100 tonnes de semences de sorgho et la même quantité en semences de riz. La Banque mondiale accompagnera l’achat de semences de céréales sèches et de pomme de terre.

*****

Agriculture : Un projet FAO-CE au Malawi, AU Vietnam et en Zambie

La FAO et la Commission européenne ont annoncé un nouveau projet de 5,3 millions d’euros pour aider le Malawi, le Vietnam et la Zambie à adopter des pratiques agricoles intelligentes face au climat. L’agriculture - et les communautés qui en dépendent pour vivre - sont hautement vulnérables aux impacts du changement climatique. Mais en même temps, le secteur agricole contribue au réchauffement de la planète, en tant que gros émetteur de gaz à effet de serre. "L’agriculture intelligente face au climat" cherche précisément à relever ce double enjeu. Elle prévoit de transformer les systèmes agricoles pour améliorer leur contribution à la lutte contre la faim et la pauvreté, de les rendre plus résilients au changement climatique, de réduire les émissions, et d’accroître le potentiel de l’agriculture à piéger le carbone atmosphérique. "Nous devons commencer à mettre en pratique l’agriculture intelligente face au climat en travaillant de concert avec les agriculteurs et leurs communautés", a indiqué Hafez Ghanem, Sous-directeur général de la FAO, Département du développement économique et social. Et d’ajouter : "Il n’existe cependant pas de solution universelle -les pratiques agricoles intelligentes face au climat doivent répondre aux différentes conditions, géographiques, météorologiques et à la base des ressources naturelles". "Ce projet examinera de près trois pays pour identifier les enjeux et les opportunités des pratiques agricoles intelligentes et établir des plans stratégiques adaptés à la réalité de chaque pays", a souligné Ghanem. "Si toutes les solutions ne sont pas universellement applicables, nous pouvons tirer de nombreux enseignements sur la manière dont d’autres pays pourraient prendre des mesures pour commencer à adopter cette approche d’agriculture". L’UE mobilise 3,3 millions d’euros en faveur de cette initiative, la contribution de la FAO est de 2 millions d’euros. En étroite collaboration avec les ministères de l’Agriculture et d’autres administrations dans chacun des pays partenaires, ainsi qu’avec les organisations locales et internationales, le projet triennal se chargera d’identifier les opportunités spécifiques au pays en vue de l’expansion des pratiques intelligentes existantes ou de la mise en œuvre de nouvelles, d’étudier les obstacles à surmonter afin de promouvoir une adoption à plus vaste échelle de l’agriculture intelligente face au climat, notamment les coûts d’investissement, de promouvoir l’intégration de stratégies nationales de changement climatique et d’agriculture en faveur de la mise en œuvre de pratiques agricoles intelligentes, d’identifier des mécanismes innovants pour relier la finance du climat aux investissements dans l’agriculture intelligente et de renforcer les capacités pour planifier et mettre en œuvre des projets de pratiques intelligentes en mesure d’attirer des investissements internationaux. La FAO pilotera le projet en partenariat avec des institutions nationales de politique et de recherche, ainsi que des organisations mondiales, telles que le Global Crop Diversity Trust.

 En affrontant l’urgence d’incorporer les questions de changement climatique dans la planification du développement agricole, ce nouveau projet représente un pas en avant concret, a déclaré Ghanem.