Le conseiller aux affaires économiques et financières du gouvernorat de la Région de Kidal, Ahmed Mohamed Ag Guidi, vient de mener une mission d’information et de sensibilisation sur la bonne gouvernance dans le cercle de Tin-Essako.
Le chef-lieu du cercle est situé à 140 km de la ville de Kidal et à 300 km de la frontière avec le Niger. La mission était une initiative du Projet d’appui au renforcement des capacités de gouvernance locale dans la région de Kidal (PARGK). Ce projet était représenté dans la délégation par Sékou Touré, son assistant administratif et financier. Crée en juin 2009, le PARGK est financé par le Grand Duché du Luxembourg, le PNUD et le gouvernement. Ses objectifs ? Renforcer la gouvernance dans la région de Kidal, améliorer la mise en œuvre de la décentralisation, consolider la sécurité et la paix comme facteurs indispensables d’accompagnement pour un développement durable. Plus précisément, le projet travaille au renforcement des capacités techniques et opérationnelles de tous les acteurs (tutelle, collectivités territoriales, société civile, secteur privé, communautés à la base). La mission se situait dans le cadre d’une prise de contact avec les populations et les décideurs locaux. Ahmed Mohamed Ag Guidi a indiqué que la création du PARGK découle de la volonté politique de l’État d’assurer la paix et la sécurité par le développement à long terme dans la Région de Kidal où les indicateurs de développement humain figurent parmi les plus bas du pays. Les préoccupations exprimées à la mission par les populations sont nombreuses : la mauvaise campagne pluviométrique de 2009, les maladies et l’état physiologique des animaux, la faible présence de l’administration, l’insuffisance de l’accompagnement des partenaires au développement, le retard pris dans la mise en œuvre du PIDRK (Projet de développement intégré de la Région de Kidal), la faible d’implication des élus du cercle dans l’application des politiques sectorielles (santé, éducation et hydraulique). Et ce n’est pas tout. Des habitants du cercle ont évoqué la mauvaise fréquentation scolaire, la faible fréquentation des structures de santé, l’insuffisance des infrastructures sanitaires et du personnel, la problématique des besoins en eau des hommes et des animaux, l’absence de postes de sécurité dans le cercle, la gestion catastrophique des banques de céréales mises en place par le Commissariat à la sécurité alimentaire, la question de la prise en charge partielle de personnes les plus démunies (quelque 100 familles, soit un millier des personnes). Pour fournir des réponses à toutes ces préoccupations, les techniciens qui faisaient partie de la mission sont intervenus chacun dans le domaine le concernant. Un certain nombre de mesures ont ainsi été proposées. Il s’agit entre autres du remplissage d’un bassin à Tin-Essako à partir d’un point d’eau situé à environ 72 km dans une localité dénommée Ténézé, de l’équipement de forages. Il a été préconisé de transformer le poste de santé avancé de Tin-Essako en centre de santé communautaire (Cscom), d’ouvrir un Cscom à Achibogo, d’observer la vaccination de routine, de former le personnel sanitaire. Des groupes cibles (orphelins, handicapés, enfants en situation difficile, personnes âgées) seront identifiés et les éleveurs encouragés à aller vers les services techniques pour le traitement et la vaccination des animaux. Le conseiller aux affaires économiques et financières du gouvernorat a témoigné de la volonté des plus hautes autorités du pays à apporter des solutions rapides aux préoccupations soulevées. Parmi les mesures prises dans ce sens, il y a la mise à disposition de la région de 1000 tonnes d’aliment bétail dont les frais de transport ont été subventionnés. Par ailleurs, 1230 tonnes de riz japonais entièrement subventionnées ont été réceptionnées sur les 2000 tonnes annoncées. 440 autres tonnes de riz sont annoncées pour les banques de céréales existant dans chaque commune de la région. Ahmed Mohamed Ag Guidi a rappelé qu’autant il ne peut y avoir de développement dans un contexte d’insécurité, autant le développement conditionne la sécurité. « C’est dire que la lutte contre l’insécurité doit se situer au cœur de la gouvernance démocratique et du développement. Telles sont les nouvelles orientations stratégiques pour consolider la sécurité et la paix dans notre pays », a-t-il dit