PostHeaderIcon Développement du Nord-Mali : PIDRN, LA PREUVE PAR LE TERRAIN

Trois ans, après sa création, le programme a imprimé un élan aux efforts de développement rural des régions concernées

Développement du Nord-Mali : PIDRN, LA PREUVE PAR LE TERRAIN

Le développement des régions nord du Mali pose un véritable défi aux pouvoirs publics. De l’indépendance à nos jours, nombre d’investissements ont été effectués dans ces régions mais leur position géographique et leur enclavement induisent mécaniquement de sérieux problèmes dans tous les domaines du développement. Pour les résoudre, le gouvernement a initié en 2007, le Programme d’investissement et de développement rural des régions du nord Mali (PIDRN). Ce programme doit impulser le développement socio-économique, particulièrement dans les zones difficiles. Il doit, pour cela, implanter des infrastructures de base (centres de santé, périmètres irrigués villageois, aires d’abattage d’animaux, marchés à bétail, parcs de vaccination, points d’eau, latrines scolaires, bourgoutières, etc.). C’est justement pour dresser un bilan à mi-parcours des réalisations de ce programme qu’une délégation conduite par le commissaire à la sécurité alimentaire, Mme Lansry Nana Yaya Haïdara, vient de séjourner (5 au 15 mars) dans les régions de Tombouctou et Gao. Après avoir dirigé les travaux du comité de pilotage le 6 mars dans les locaux du PIDRN à Tombouctou en présence du gouverneur de la région, Mamadou Mangara, et du directeur du programme, Hamzata Diallo, Mme Lansry Nana Yaya Haïdara s’est rendue dans les communes de Babadenko, Niodougou et Tonka. Elle s’est entretenue avec les populations locales avant de visiter les points d’eau réalisés dans ces localités. Dans le cercle de Gourma Rharous, elle a inauguré le centre de santé communautaire (CSCOM) de la commune rurale de Hamzakoma. "C’est un jour mémorable pour nous", a commenté Ablahi Agaly Touré, le maire de la commune, expliquant que les femmes ne se déplaceront sur 90 kilomètres, jusqu’à Rharous, pour accoucher ou recevoir des soins. Les 12 000 âmes de la commune ont désormais à leur disposition une structure sanitaire qui leur garantit des soins adéquats grâce à des équipements adaptés. La bourgoutière du village de Benguel d’une superficie de 200 ha dans le lit du Niger, a été inspectée par la délégation. Cette réalisation, selon Agaly Sanda Maïga, chef de l’antenne PIDRN de Rharous, permettra un développement significatif de l’élevage dans la zone. Toutes ces réalisations sont destinées à promouvoir des activités génératrices de revenus pour les populations vulnérables. C’est exactement l’objectif visé par le périmètre irrigué villageois de Boya, village situé à 7 kilomètres de Rharous, dont le premier coup de pelle a été donné par Mme Lansry Nana Yaya Haïdara. La visite du parc de vaccination d’animaux de Tintadéni sur l’axe Rharous-Gossi a constitué la dernière étape du périple tombouctien. La délégation s’est ensuite rendue à Gao. Dans le cercle de Bourem, le seul de la 7è Région couvert par le PIDRN, elle a visité le CSCOM de Tinsako dans la commune rurale du même nom. Le centre prend en charge une aire de santé de 6 villages et 3 733 habitants. Il est composé d’un bloc technique de 2 unités, une clôture de 2500 m2, un logement et un bloc toilettes. Son alimentation en eau est assurée par un forage équipé d’une pompe solaire et un château d’eau. L’infirmerie comprend une salle de consultations, un bureau pour le chef de poste, une salle de soin, une pharmacie, une salle de garde, un local pour chaîne de froid, un débarras et une salle d’observation pour les hommes. La maternité dispose d’un bureau pour la matrone, d’une salle de travail, d’une autre d’accouchement et d’une troisième d’hospitalisation. Les travaux ont coûté 91,4 millions de Fcfa. Mahamar Touré, le maire de Tinsako, a salué l’ouverture d’un centre qui permettra de régler les problèmes de santé posés à des populations installées très loin des structures sanitaires. Au CESCOM s’ajoute l’aire d’abattage de bétail de la ville de Bourem qui a coûté9,2 millions de Fcfa au PIDRN avec un apport de près de 700 000 Fcfa de la collectivité. L’infrastructure d’abattage se compose d’un hangar, d’une dalle de surface, d’une dalle d’abattage, d’une rampe d’accès et d’une goulotte d’écoulement. Sa capacité de charge est de 14 têtes. Avant la construction de cette aire, le système d’approvisionnement en viande de la ville était confrontée à nombre de difficultés, confie Mahamane Aldjouma, un habitant de Bourem. Il a cité, entre autres, la longue distance sur laquelle se fait le transport de la viande, les mauvaises conditions d’hygiène liées au manque de point d’eau potable et le mauvais état des infrastructures qui existaient. Avec la nouvelle aire, l’abattage est quotidien à Bourem avec des pics enregistrés les jours de foire. Au terme des différentes visites, Mme Lansry Nana Yaya Haïdara s’est montrée satisfaite. En effet, sur 8 CSCOM prévus, 6 ont été bâtis. Neuf petits périmètres maraîchers et 500 hectares de bourgou ont été réalisés dans les cercles de Bourem et Gourma Rharous. Le programme a aussi permis l’acquisition de 32 motopompes pour les périmètres irrigués, l’implantation de 6 nouveaux parcs de vaccination, d’un marché à bétail et de 2 aires d’abattage dans les deux cercles. Ces infrastructure, a constaté le commissaire, contribueront à améliorer la couverture sanitaire, développer l’élevage et les autres activités agricoles dans le but de vaincre la pauvreté et la malnutrition dans ces localités défavorisées, tel que consigné dans le Programme national de sécurité alimentaire (PNSA) lancé en 2007.