Le président du conseil d’administration de l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA), Kofi Annan poursuivi hier sa visite dans notre pays.
Au programme de cette journée, une conférence de presse, une rencontre avec les partenaires au développement, une audience accordée par le président de la République, et dans la soirée un dîner offert par le chef de l’Etat. L’hôte de marque et d’autres membres de la délégation de l’Alliance, ont animé cette conférence de presse à l’hôtel Laico Amitié. C’était en présence du ministre de l’Agriculture, Agatam Ag Alhassane, du président de l’AGRA, Namanga Ngongi, et de deux autres membres du conseil d’administration de l’AGRA, Mme Sylvia Matthews Burwell de la Fondation Rockefeller et Strive Masiyiwa, PDG d’une société de télécommunications au Zimbabwe. En introduisant la conférence, l’ancien secrétaire général des Nations Unies s’est dit fier de se retrouver dans notre pays. Il a assuré que les visites de terrain qu’il avait effectuées la veille dans les zones de Sanankoroba, Dialakoroba et Marako, l’ont beaucoup impressionné. Ces visites lui ont permis de mesurer l’engagement des paysans à œuvrer pour assurer la sécurité alimentaire. Kofi Annan a noté les progrès réalisés par les petits exploitants agricoles qui ont accepté d’expérimenter de nouvelles variétés de semences et la collaboration qu’ils ont nouée avec les chercheurs de l’Institut d’économie rurale (IER). Il a également relevé l’engagement des femmes qui, avec peu de moyens, constituent un maillon essentiel de l’agriculture en Afrique. L’ancien secrétaire général de l’ONU a réaffirmé son engagement pour la promotion de l’agriculture sur le continent. La prochaine réunion du conseil d’administration de l’AGRA se tiendra, a-t-il annoncé, à Accra. Des chefs d’Etat africains, des ministres et des partenaires importants de l’organisation participeront à cette session. Dans la capitale ghanéenne, l’AGRA va plaider pour le renforcement de la collaboration avec les pays et pour une implication accrue des sociétés privées de semences et d’investissements dans le secteur agricole. Le président d’AGRA, Namanga Ngongi, a de son côté assuré que la vision de l’organisation cadrait avec la politique nationale agricole du Mali. Les responsables de l’Alliance ont tenu à préciser que celle-ci ne faisait pas la promotion des organismes génétiquement modifiés (OGM) dans les pays africains dans lesquels elle intervient. AGRA collabore étroitement avec les services de recherche agronomique et apporte des appuis financiers et techniques indispensables à la réalisation des objectifs de la révolution verte en Afrique. Elle appuie l’approche traditionnelle de la recherche agronomique : la mise à disposition des paysans de variétés semencières performantes qui leur permettent de passer le cap de l’autosuffisance alimentaire. Seuls les pays, en toute souveraineté, décident ou pas de l’introduction des OGM dans leur dispositif agricole. Mme Sylvia Matthews Burwell a souligné que la Fondation Rockefeller qu’elle représente au sein du conseil d’administration de l’AGRA investit dans la diversité d’approches pour relever les défis de la sécurité alimentaire. Kofi Annan est formel : au regard de ce qu’il a vu sur le terrain et après les entretiens qu’ils a eus avec les autorités, notre pays peut atteindre l’autosuffisance alimentaire. A la fin de conférence de presse, une distinction honorifique été remises à Mme Coulibaly Maïmouna Sidibé, directrice générale de la société privée de commercialisation de semences améliorées et hybrides de céréales et de légumineuses dénommée "Faso Kaba". La récompense lui a été décernée pour son engagement en faveur du développement de l’agriculture. Elle a reçu le prix des mains de Kofi Annan.