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PostHeaderIcon Départ de Jean-Paul Jouanelle : LE MALIEN DE CŒUR A FAIT ŒUVRE UTILE

Un front très haut, un visage à l’impassibilité de masque où perce un regard pétillant, Jean-Paul Jouanelle, le conseiller à la communication sortant de l’ambassade de France au Mali, est avant tout un homme très attachant, que regrettera la presse malienne avec laquelle il avait tissé des liens de réelle complicité.

Départ de Jean-Paul Jouanelle : LE MALIEN DE CŒUR A FAIT ŒUVRE UTILE

L’homme n’est pourtant pas du genre exubérant. De ses ancêtres du Périgord et de l’Afrique lointaine, il a hérité le port altier. Par contre à lui seul appartient la fierté d’être à la fois un Français de naissance (il a vu le jour à Paris en 1954), Martiniquais d’ascendance, Guyanais d’adoption et Africain de par le sang. Jouanelle aime bien dire qu’"il faut être toujours soi-même, si l’on ne veut pas tout rater dans la vie". Cet historien de 47 ans, arrivé au Mali en mars 2000, est d’abord et avant tout un "Africain convaincu". Et aussi un Malien de cœur. Cet attachement sentimental pour notre pays lui aura été inoculé par son père, commandant de cercle colonial d’abord à Bafoulabé, puis à Ségou où Félix Jouanelle fut le dernier administrateur de la France en poste dans la cité des Balanzans, ce jusqu’en août 1960. Quatre décennies plus tard, Jean-Paul se souvient avoir vécu une enfance heureuse au cours de ce séjour africain dans le sillage de son père. Il n’oubliera jamais son épisode malien tout au long d’une carrière atypique. Le professeur d’histoire et géographie qu’il est a très tôt choisi la politique pour servir ses convictions socialistes, convictions qui ne l’ont cependant pas empêché de travailler avec le Conseil national du patronat français. Homme engagé, mais anticonformiste, Jean-Paul Jouanelle fut tour à tour assistant parlementaire en Guadeloupe de 1981 à 1989, puis directeur de cabinet du maire de la commune de Saint Martin. De 1991 à 1992, le ministre Louis Le Pensec l’appelle dans son cabinet pour lui confier le poste de conseiller en communication. Puis Jouanelle rejoint un de ses promotionnaires de faculté, élu dans un département de la Guadeloupe et auprès de qui il accepte un poste de directeur de cabinet. Au bout de huit ans, blasé, il tente une autre expérience et prend le poste de conseiller en communication de l’ambassade de France au Mali. Pour tout à la fois retrouver son "Eden perdu" et étrenner une carrière de diplomate. Mais à peine deux ans bouclés, l’aiguillon de la politique revient le titiller. Le voilà qui va partir pour la Martinique où l’attend un poste de directeur de cabinet proposé par Claude Lise, sénateur du groupe socialiste au Sénat français et élu du Parti progressiste martiniquais (le parti d’Aimé Césaire). C’est donc avec un rôle d’organisateur de groupe, de négociateur, et de concepteur de stratégie politique que Jouanelle va renouer. Si son passage à la chancellerie française dans notre pays aura été bénéfique à tous égards et surtout pour les journalistes qui ont apprécié son ouverture d’esprit et sa disponibilité, l’homme ne part pas sans regrets. Lui-même avoue n’avoir pas eu le temps de dissiper tous les préjugés pesant sur la chancellerie, le consulat et la toujours épineuse question de visas en direction de la France. Tout comme est grande sa frustration de ne pouvoir assister ni à la Coupe d’Afrique des nations 2002, ni aux futures élections générales. Jean-Paul, qui prend l’avion samedi prochain, laissera un vide qu’il ne sera pas facile de combler. Ni pour le monde malien de la presse. Ni pour l’ambassadeur Christian Connan.