Elles vont permettre d’atténuer les effets du déficit céréalier causé par la mauvaise pluviométrie
Au moment où notre pays traverse une grave crise alimentaire, imputable à la mauvaise campagne agricole, les cultures de contre saison s’avèrent un appui conséquent pour faire face au problème. La campagne a commencé il y a quelque mois. Elle se poursuit normalement. Le constat a été fait par une mission de supervision de la Direction nationale de l’agriculture (DNA), effectuée du 12 au 16 janvier 2012, dans le cadre du suivi des opérations d’achat de semences de céréales. Elle s’est dite satisfaite du démarrage effectif des opérations. La mission a apprécié les quantités et la qualité des semences, l’état des magasins et des bascules, le bon conditionnement des semences achetées. Par ailleurs, on relève les appuis réalisés par certains projets/programmes à travers l’octroi des semences maraîchères et de formation auprès de certaines communes déficitaires. Dans ce cadre, le projet italien de sécurité alimentaire (PISA), a octroyé 45 tonnes de semences de pomme de terre et 75 tonnes de semences d’échalote aux producteurs maraîchers de Bandiagara. Le Fonds de développement des zones sahéliennes du Mali (FODESA), a distribué 6 tonnes de semences d’échalote aux bénéficiaires de 16 périmètres maraîchers des cercles de Mopti, Tenenkou et Djenné. Dans la région de Kidal, le Programme intégré pour le développement de la région de Kidal (PIDRK) a octroyé 3 tonnes de pomme de terre à 120 producteurs à 100 Fcfa le kilogramme, 57 kg de semences d’oignon à 570 producteurs. On enregistre 1,200 tonne de vitro-plants de dattiers et 2718 arbres fruitiers distribués gratuitement. Le Comité international de la croix rouge (CICR), a appuyé gratuitement avec 3 tonnes de pomme de terre et des semences maraîchères, 75 producteurs sur cinq sites maraîchers. Certaines Ong comme Aval/Helvetas international de San, le Projet changement climatique et Kafo Jiginew, ont apporté un appui substantiel aux producteurs du secteur de Koutiala, notamment les sous secteurs de Kouniana et de M’Pèssoba. Il s’agit d’apports en semences de pomme de terre, d’oignon, de tomate, de laitue, de gombo, de carotte et de petits matériels de maraîchage des partenaires. Lors des festivités de la dernière édition de la journée paysanne, 11 motopompes mises à la disposition de la Chambre régionale d’Agriculture (CRA) de Kidal ont été remises aux producteurs de la région, par le président de la République. Le Fonds d’appui à la formation professionnelle et à l’apprentissage (FAFPA), a formé 50 producteurs de la région de Kidal sur les techniques de production maraîchère, s’est félicité, le Directeur national de l’agriculture, Daniel Kéléma.
amélioration significative. L’Office du Niger a entrepris un programme spécial de contre saison pour permettre d’atténuer les effets du déficit pluviométrique à travers la réalisation de 300 hectares de pomme de terre, 25.000 hectares de riz, 380 hectares de maïs, 795 hectares de patate douce et 530 hectares de blé. Le Projet changement climatique, rattaché à la Direction nationale de l’agriculture (DNA), a offert de petits équipements agricoles composés de 16 brouettes, 64 arrosoirs, 40 pics, 40 pelles, 40 râteaux et 200 binettes. A ceux-ci s’ajoutent la distribution des semences maraîchères soit 8 caisses de pomme de terre, un kilogramme de tomate, 1,2 kilogramme de laitue, 1 kilogramme d’oignon, 400 grammes de chou et 2,8 kg de gombo, aux communes de Sandaré (région de Kayes), Massantola (Région de Koulikoro), M’Pèssoba (Région de Sikasso) et Cinzana (région de Ségou). Le projet a, en outre, formé les maraîchers en techniques de productions maraîchères. Concernant le stockage et la gestion des produits agricoles, une troisième mission de supervision de la campagne agricole 2011/2012 de la DNA, a procédé à une large sensibilisation des producteurs. Cette mission a été l’occasion d’apporter un appui aux Directions régionales de l’Agriculture dans l’élaboration du Plan de campagne, indique au passage, Daniel Kéléma. Elle a, en outre, permis de partager avec les structures d’appui conseil et les producteurs, le contenu du plan d’action élaboré par le ministère de l’Agriculture afin de venir en aide aux communes déficitaires. Les cultures céréalières de contre saison se poursuivent avec une réalisation de 6945,5 hectares, soit 7%, contre 11138,05 hectares, soit 37%, selon les techniciens de la DNA. Cependant, à Tombouctou, le sorgho irrigué est en tête de peloton avec 660 hectares, soit 58% contre ha avec 70%. Il est à noter que la faiblesse de la crue a affecté négativement les réalisations des cultures. Les réalisations en niébé pur sont de 381,71 hectares, soit 29%, contre 649 hectares, soit 50%, lors de la dernière campagne. Celles du niébé associé sont de 413 hectares, soit 22%, contre 1250 hectares, soit 71% la même année. Les stades phénologiques sont à la montaison pour le sorgho, le blé et le maïs. Les préparatifs sont en cours pour la mise à disposition du riz de contre saison au niveau des zones de l’Office du Niger et des périmètres irrigués. A l’Office du Niger, les opérations de battage sont en cours et concernent 81070,73 hectares. La production obtenue est de 515.237,84 tonnes de paddy. En ce qui concerne la pomme de terre, 320,63 ha ont été réalisés sur une prévision de 340 ha, soit un taux de réalisation de 94,30%. Concernant le coût des céréales, le prix du kg de riz décortiqué à l’Office du Niger, a oscillé entre 275 Fcfa et 350 Fcfa. Le prix moyen du kg de l’échalote a été de 230 Fcfa. Dans l’ensemble, on note une amélioration significative sur les taux de réalisation. En effet, le piment, l’échalote, l’aubergine, la pomme de terre, la patate douce et la tomate enregistrent les taux de réalisation les plus élevés. Les premières productions légumières sont mises sur les marchés dans tout le pays. La situation phytosanitaire est jugée calme. Des appuis accordés par des partenaires aux producteurs dans les régions de Mopti, Sikasso, Tombouctou et Kidal, pourront permettre d’intensifier les activités maraîchères pour cette campagne de saison, selon la DNA. Dans le cadre de la mise en œuvre du plan d’action, on retient que les propriétaires des stocks de semences consignées attendent avec impatience le paiement de leurs stocks. D’où, la nécessité de diligenter la mobilisation des ressources pour assurer le bon déroulement des opérations. Dans la même vaine, de nombreuses Ong partenaires ont apporté leur appui en diverses semences pour le maraîchage, aux producteurs des régions de Mopti, Tombouctou, Sikasso et Kidal. Les produits maraîchers récoltés sur les premiers semis des cultures maraîchères sont déjà sur les marchés. En perspective, les réalisations de contre saison se poursuivent normalement et la riziculture de contre saison pourrait démarrer bientôt, à travers l’installation des pépinières, à en croire la DNA.
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Sud-Soudan : LA FAO AIDE LES FAMILLES TOUCHEES PAR LES CONFLITS
La FAO aide les populations victimes des conflits dans l’État du Jonglei au Sud-Soudan à se nourrir et à rebâtir leur vie grâce à une série d’interventions d’urgence et d’actions à long terme. Travaillant avec la communauté locale, la FAO a commencé à distribuer des vaccins pour le bétail, du matériel de pêche, des semences potagères et des outils, en vue d’un développement à long terme et du renforcement des capacités dans la plus jeune nation du monde. L’Organisation vise à fournir la plus vaste assistance possible au cours des deux à trois prochains mois, avant le début de la saison des pluies qui rendront les routes impraticables. Les initiatives futures porteront aussi sur la collecte des eaux de pluie et d’autres mesures propres à renforcer la résilience à long terme. Dans le Jonglei et dans tout le Sud-Soudan, les mauvaises récoltes, l’accroissement de la demande, la forte hausse des prix, les conflits et les déplacements sont tenus pour responsables de la situation, le déficit de production céréalière se répercutant lourdement sur les communautés déjà fortement affligées. La production céréalière de la nation la plus jeune au monde était inférieure de quelque 19% à celle de l’année précédente et de 25% à la moyenne des cinq dernières années. Le déficit céréalier pour 2012 est estimé à plus de 470.000 tonnes, soit près de la moitié des besoins annuels totaux de consommation du pays. Afin de protéger la première source de nourriture et de moyens de subsistance de la région, la FAO livrera d’urgence des vaccins et des antibiotiques destinés à enrayer la propagation des maladies animales et à traiter jusqu’à 100.000 bêtes dès le premier mois. Les fournitures seront prises en charge par des réseaux de vétérinaires et d’agents communautaires de santé animale, un système qui veille à atteindre tous les troupeaux, même ceux des villages les plus reculés. "Ces communautés sont des éleveurs ou gardiens de troupeaux", explique Nimaya Mogga, expert en bétail à la FAO. "Ces animaux sont leur gagne-pain. Sans eux, ils n’ont plus rien". Le Sud-Soudan est la sixième économie du bétail d’Afrique. "Le bétail constitue une richesse au Sud-Soudan," affirme Nimaya Mogga. "En période de soudure, les animaux sont vendus ou échangés contre de la nourriture. La vente d’une seule vache équivaut à trois mois de céréales pour une famille". Et c’est d’autant plus vrai dans le Jonglei, où l’économie et la culture reposent principalement sur le cheptel. "Ces éleveurs font un peu d’agriculture, mais en quantité très limitée sur de petites parcelles autour de leurs huttes ou ’tukuls’," poursuit Mogga. "Beaucoup d’entre eux ont été dévastés par la perte de leur bétail". De surcroît, les razzias de bétail, en mélangeant de nombreux troupeaux différents, accroissent les risques de propagation des maladies animales au Sud-Soudan. Un grand nombre de personnes déplacées fuyant les conflits ont trouvé refuge dans la ville de Boma. Selon les autorités locales, les habitants en ont accueilli beaucoup, mais leurs stocks d’aliments de base comme le sorgho et le maïs s’amenuisent et ils auront besoin d’une assistance. Avec l’arrivée de la saison sèche, il n’y a plus de cultures dans les champs, mais la présence d’une rivière à proximité de la ville a suscité un peu d’espoir. "La rivière Chelimon est à environ deux heures de marche de Boma. Les personnes déplacées pourraient y pratiquer la pêche", dit Michael Oyat, coordonnateur adjoint des urgences pour la FAO au Sud-Soudan. "Mais pour ça il faut du matériel". La FAO a entrepris la fourniture de 20.000 unités de matériel de pêche à Boma et à deux autres villes victimes des conflits de décembre, Pibor et Likuangole. L’ONU a établi une cellule d’assistance à Pibor. La FAO aide également les communautés locales à créer des potagers le long des berges de la rivière en coordination avec des ONG locales. "Il est capital d’intervenir sans délai dans le Jonglei", affirme le responsable de la planification et de la programmation de la FAO au Sud-Soudan, Etienne Peterschmitt. "Plus vite nous interviendrons pour venir en aide à cette population vulnérable, plus vite ils seront en mesure de se débrouiller tout seuls". La FAO fournit une aide immédiate aux familles touchées tout en contribuant à renforcer leur résilience. A la demande du gouvernement du Sud-Soudan, elle prépare un programme d’espèces-contre-travail sur le modèle de celui mis en œuvre en Somalie, qui permettra aux ménages d’acheter de la nourriture locale tout en remettant en état les infrastructures rurales locales. Des mesures de relèvement à plus long terme sont également en place. Dans le cadre d’un projet financé par l’Agence canadienne de développement international (CIDA), la FAO soutient des interventions à long terme visant à affronter les causes profondes de l’insécurité alimentaire et les conflits liés aux ressources dans les deux comtés du Jonglei, Uror et Nyirol. Le projet comprend la mise en place de structures de collecte de l’eau pour l’utilisation humaine et animale et le renforcement des services agricoles par des approches de vulgarisation novatrices et participatives, notamment les Écoles de terrain pour agriculteurs et éleveurs.
Source FAO