Notre pays doit présenter la vision du continent sur cette convention à Durban en décembre prochain
Le ministre de l’Environnement et de l’Assainissement, Tiémoko Sangaré, a animé mercredi une conférence de presse sur la préparation des travaux sur la Convention des Nations Unies sur les changements climatiques (COP). Notre pays préside, en effet, depuis juin dernier, le bureau de la Conférence ministérielle africaine sur l’environnement (CMAE) pour un mandat de deux ans. Bamako doit ainsi abriter la réunion du Forum africain sur le développement durable en juillet prochain et Tiémoko Sangaré conduit les missions du bureau de la CMAE sur mandat de la COP. Il a pris part en février dernier à Nairobi, siège du bureau, à la 24è session de la CMAE, ainsi qu’au conseil d’administration du Programme des Nations Unies sur l’environnement (PNUE) (lire l’Essor du 25 février). Notre pays doit présenter la vision africaine sur la COP à la prochaine conférence prévue à Durban à la fin de l’année. A Nairobi, les experts se sont penchés sur l’examen du rapport de la 23è session du bureau tenue en février 2009, des décisions de l’Union africaine et de la CMAE, lors de la 13è session qui s’est déroulée en juin dernier à Bamako, des résultats de la Conférence des parties de la Convention des Nations Unies sur les changements climatiques (COP16) tenue à Cancun au Mexique en décembre dernier et les préparatifs du Groupe africain pour la COP 17 à Durban. Ils ont également finalisé le programme de travail du bureau pour la période 2011-2012. A Nairobi, la présidence malienne a été appréciée, a confirmé le ministre Sangaré. Le Mali entend jouer pleinement son rôle au moment où l’Afrique prépare l’une des COP les plus importantes en termes d’enjeux. Pour la réunion de Durban, il est prévu une série de rencontres formelles et informelles, des études et des réflexions stratégiques tant au niveau des chefs d’Etats, des ministres que des négociateurs. Deux rencontres préparatoires pour les négociateurs sont prévues en mars et avril, afin de renforcer leurs capacités dans les domaines du droit international et de l’analyse stratégique. Notre pays était au centre de toutes les attentions à Nairobi. Ainsi, la ministre sud-africaine Edna Molewa, l’administratrice de l’Agence de protection de l’environnement des Etats-Unis, Lisa Jackson, et le vice-ministre de l’Environnement du Japon, Tatsushi Terada, se sont tous montrés intéressés par une vision commune africaine sur la question environnementale. Avec Lisa Jackson, la CMAE a discuté de la gouvernance environnementale, des maladies infantiles liées à l’environnement et des changements climatiques. Le président de la CMAE, Tiémoko Sangaré, lui, a rappelé la position commune africaine sur les changements climatiques. Le Mali a saisi l’opportunité de la rencontre pour remettre une note conceptuelle à l’administratrice de l’Agence de protection de l’environnement des Etats-Unis. Ce document comporte le projet régional de plantation de la gomme arabique, le projet REDD (Réduction des émissions dues à la dégradation et à la déforestation) du complexe Bougouni-Yanfolila et le projet d’énergie renouvelable avec le développement et la poursuite de la mise en œuvre des centrales hybrides de la Société EDM-SA. Bamako doit abriter une réunion de la COP 1 sur la Convention sur les déchets notamment le traitement des déchets dangereux et le recyclage des piles usagées. Le vice-ministre japonais de l’Environnement a félicité le Mali et les pays africains pour la réussite de la COP 10 sur la biodiversité qui s’est tenue à Nagoya au Japon en octobre dernier. Tatsushi Terada a sollicité l’appui des pays africains pour la mise en œuvre de l’accord de Nagoya. Il a confirmé sa participation à la rencontre préparatoire de Durban en juillet prochain à Bamako. Le conseil d’administration du PNUE a demandé aux gouvernements de convoquer la première session plénière de la Plateforme scientifique et politique sur la biodiversité et les services des écosystèmes (IPBES) qui vise à accélérer les connaissances scientifiques sur l’état du monde naturel par les décideurs. Les Etats membres du PNUE ont demandé la préparation d’un rapport sur la façon dont les Nations Unies peuvent répondre aux urgences environnementales. Le Forum ministériel mondial de l’environnement a planché sur deux thèmes : l’économie verte et la gouvernance internationale de l’environnement. Le PNUE suggère aux Etats d’investir 2% de leur PIB dans des secteurs clés comme l’agriculture, le bâtiment, l’énergie, la pêche, les forêts, le transport ou l’eau pour relancer l’économie mondiale, réduire les inégalités entre les pays et lutter contre les changements climatiques. Notre pays a sollicité le PNUE pour le financement de la politique nationale de transition vers l’économie verte. Le thème de l’économie verte a été choisi par le PNUE dans la perspective du Sommet sur la terre dit Rio+20 qui se tiendra en 2012 au Brésil. Avec le respect et la crédibilité dont jouit notre pays, la CMAE peut défendre avec des chances de succès les projets régionaux environnementaux, a assuré Tiémoko Sangaré.