Les exportations ont augmenté de 26 %, les importations de 36,5 % tandis que le ratio de solvabilité passait de 5,7 % en 2007 à 4,4 % en 2008
La direction nationale de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a présenté la semaine dernière, les comptes extérieurs du Mali au titre de l’année 2008. La cérémonie était présidée par la présidente du Comité national de la balance, Mme Assitan Kouyaté, également conseiller au ministère de l’Économie et des Finances et le directeur national de la BCEAO-Mali, Oumar Tatam Ly. C’était en présence des représentants des partenaires techniques et financiers, des directeurs des institutions bancaires et de micro finance. La balance de paiement est un instrument de fondamental d’analyse, de décision et de formulation des politiques économiques du pays. Paradoxalement, cet instrument est peu connu des décideurs de politiques et des acteurs du secteur privé. Sa présentation corrige cette lacune et permet à la Banque centrale de recenser les besoins spécifiques des différents utilisateurs et acteurs de l’économie et des finances afin de prendre en charge leurs préoccupations au moment de l’élaboration et de la diffusion des comptes extérieurs. Selon la direction de la banque centrale, en 2008, la croissance de l’activité économique de notre pays a été tirée par les secteurs primaire et tertiaire, avec une croissance du PIB, en termes réels, de 5 %, contre 4,3 % l’année précédente. La richesse totale créée a atteint 3912,8 milliards, soit une hausse de 14,3 % par rapport à 2007. Le compte de transactions courantes est ressorti déficitaire de 476,2 milliards, en détérioration de 197,7 milliards par rapport à 2007. Et le déficit du compte courant sur le PIB s’est accentué, en ressortant à 12,2 % (13,4 % hors transferts officiels) en 2008, contre 8,1 % (9,8 % hors transferts officiels) en 2007. En revanche, le déficit global des finances publiques, base engagements et hors dons, s’est atténué en atteignant un montant de 232 milliards, soit 5,9 % du PIB contre 7,9% en 2007. Cette amélioration est attribuée aux efforts fournis par le Gouvernement pour maîtriser les dépenses malgré les tensions. Les principaux produits d’exportation sont l’or (68,7 %), le coton (9,8 %) et les animaux vivants (5,5 %). En 2008, les exportations ont atteint 939,1 milliards, en hausse de 26,0 %. Selon les analyses, cette performance est imputable à la fois aux exportations d’or (25,4 %), d’animaux vivants (37,8 %) et d’autres catégories de produits, celles qui portent sur le coton ayant connu une baisse de 17,1 %, en liaison avec la chute de la production. De ce fait, le ratio de solvabilité (service dette publique extérieure/exportation) s’est nettement amélioré, en passant de 5,7% en 2007 à 4,4 % en 2008. Par contre, le stock de la dette publique extérieure sur le PIB s’est détérioré en passant de 19,7 en 2007 à 22,2 % en 2008. Quant aux importations, le document de la BCEAO constate qu’elles se sont chiffrées à 1.490 milliards, soit une hausse de 36,5 % par rapport à 2007. Cela s’explique par le fait que toutes les catégories de biens sont importées par notre pays (biens de consommation, équipements, produits intermédiaires), faisant du pays un des grands importateurs de la sous-région. Les transactions économiques et financières entre notre pays et le reste du monde durant l’année 2008 se sont soldées par un déficit global de la balance des paiements de 33,3 milliards. L’évolution du solde global de la balance des paiements tient à une forte détérioration du compte de transactions courantes, celui du compte de capital et d’opérations financières ayant connu une bonne évolution. En effet, le compte des transactions courantes est ressorti déficitaire de 476,2 milliards, contre un déficit de 278,5 milliards pour l’exercice précédent. Quant au compte de capital et d’opérations financières, son solde structurellement excédentaire s’est substantiellement amélioré avec un montant de 423 milliards, après 265,6 milliards en 2007. Ainsi, l’excédent du compte de capital s’est fixé à 158,2 milliards soit une augmentation de 2,8 milliards. Les investissements directs se sont chiffrés à 80,5 milliards, soit une hausse de 49,1 milliards. Cette situation résulte de la cession de la BIM, du réinvestissement de bénéfices de certaines sociétés du secteur aurifère et de télécommunication ainsi que de l’augmentation des engagements envers les investisseurs directs, notamment l’accroissement de l’appareil productif de sociétés minières. Les autres investissements qui regroupent les avoirs et les engagements associés aux opérations de prêts et de dépôts sont excédentaires de 285,4 milliards, en raison d’importants flux enregistrés aussi bien au niveau des avoirs que des engagements. Somme toute, l’année 2008 s’est caractérisée par une baisse des avoirs en monnaie et dépôts du secteur bancaire, en liaison avec la croissance des opérations courantes avec l’étranger. Il a été également observé une hausse des crédits commerciaux et autres engagements (dépôts), ce qui reflète la forte augmentation des importations de produits courant 2008. Le directeur national de la BCEAO, Oumar Tatam Ly, expliquera que la balance des paiements s’impose comme un outil indispensable pour la politique économique du pays. « Pour la Bceao, l’enjeu est la préservation d’un niveau confortable de réserves de changes afin de défendre la valeur externe de notre monnaie commune et de faire face aux besoins d’importations des agents économiques. Ces importations ont augmenté de façon importante ces dernières années au Mali, passant de 734,6 milliards en 2003 à 1091,5 milliards en 2007 », a-t-il précisé.
Synthèse
D. DJIRE