Le 5 septembre 1961, les premières corolles des parachutes de nos forces armées et de sécurité se déployaient dans le ciel malien
Le 20 janvier 1961 est la date symbolique choisie pour marquer les débuts de l’armée nationale. Huit mois après, c’est-à-dire le 5 septembre de la même année, les premières voilures se déployaient dans le ciel malien. Cette avancée technique dans le domaine du parachutisme militaire constituait, à l’époque, un véritable exploit sur le continent africain. Un exploit réalisé grâce au matériel et à l’assistance technique fournis par les États-Unis d’Amérique. Ainsi cela fait 50 ans que les forces armées et de sécurité effectuaient le premier saut parachutiste. Une date importante gravée dans les annales de l’Armée. Hier, cet anniversaire a été célébré au Camp du 33è Régiment des commandos parachutistes. Les festivités étaient placées sous la présidence de Amadou Toumani Touré, président de la République, chef suprême des forces armées et, lui même, commando parachutiste. Elles se sont déroulées en présence de son épouse, Mme Touré Lobbo Traoré. Des membres du gouvernement, notamment le ministre de la Défense et des Anciens combattants, Natié Pléa, le chef d’État major général des armées, le général Gabriel Poudiougou, des officiers supérieurs du corps des commandos parachutistes et de nombreuses personnalités dont le gouverneur du District, Souleymane Diabaté, et le maire de la commune IV, Moussa Mara, étaient également présents. La fête a été totale. C’est aux environs de 9 heures 20 que le chef de l’État, vêtu de la tenue para pour la circonstance, a franchi le portail du camp. Symbolique était la présence du chef de l’État à cette cérémonie. Amadou Toumani Touré revenait, en effet, en famille. Son arrivée sera accueillie par l’hymne national exécuté par la fanfare de la Garde nationale. Le chef de l’État passera en revue les troupes, avant de s’installer sous la tente réservée aux officiels. Défilé de troupes militaires, démonstrations de saut en altitude et de « Tjuck Sun », une technique de combat nord-coréenne, témoignages d’anciens, transferts de drapeau et montée des couleurs, exposition des matériels parachutistes, lâché de parachutistes, projection de film sur l’histoire du commando para ont constitué des temps forts des festivités. Cette cérémonie commémorative, a indiqué le chef de corps du 33è Régiment des commandos parachutistes, le colonel Issa Ould Issa, s’inscrit dans le cadre des festivités du cinquantenaire de l’armée malienne. Elle constitue un moment de reconnaissance, mais aussi et surtout une occasion de rendre un vibrant hommage aux anciens des différentes générations pour "l’œuvre qu’ils ont initiée, accompagnée et que la jeune génération essaie de perpétuer", dira l’officier supérieur. Le colonel Issa Ould Issa n’a pas manqué de souligner les progrès réalisés jusqu’ici par le corps des commandos parachutistes. De 1961 à nos jours, les parachutistes ont breveté 6231 éléments de l’armée de terre et de l’air, de la gendarmerie, de la garde et de la police nationale. Parmi ces éléments, l’on dénombre 95 femmes dont la première a été brevetée en 1975. Cette réussite technique, soutenue dans sa grande majorité par l’armée de l’air, a nécessité 37.386 sauts sur lesquels on note 11 cas malheureux. 31.273 sauts reviennent à la seule armée de l’air et aux instructeurs parachutistes. "C’est l’occasion d’exhorter les techniciens du parachutisme à maintenir le flambeau toujours haut. C’est aussi l’occasion de saluer les efforts du commandement dans l’acquisition de matériels plus modernes qui offrent de capacités dans le cadre de la préparation opérationnelle des troupes aéroportées", notera le colonel Issa Ould Issa. Des témoignages traduisent la nostalgie de quelques anciens. "Aujourd’hui nous sommes à la maison. Cet événement nous rappelle les années de bonheur que nous avons passées ici ensemble. C’est un corps qui a beaucoup évolué. Mais ce que nous avons vu aujourd’hui nous réconforte", a confié le général Kafougouna Koné, ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités locales également ancien pensionnaire du 33è Régiment des commandos-para. Même parfum de nostalgie dans les commentaires du président de la République, Amadou Toumani Touré, lui-même ancien parachutiste. "C’est un moment plein d’émotions. Moi-même j’ai été animé par le même sentiment que ces jeunes qui ont aujourd’hui la charge de conduire les destinées du corps. J’ai fait mon premier saut entre 1970-1971. Mais c’était pour avoir mon brevet. Aujourd’hui, c’est avec fierté que je vois nos enfants et nos cadets perpétuer ce que nous avons toujours défendu. Par ailleurs, je félicite le colonel Issa pour tout ce qu’il a fait. Je le félicite également pour son courage et son engagement", a indiqué Amadou Toumani Touré pour qui l’amour pour la tenue militaire reste toujours intact. Le président de la République a ainsi assuré que s’il devait choisir, dans les années à venir, entre être appelé ancien président ou ancien général, il n’hésiterait pas à choisir la seconde appellation. Un choix éloquent.