On l’oublie très souvent : l’Islam est une religion de paix, de tolérance, de dialogue et de solidarité
Depuis les attentats terroristes du 11 Septembre aux Etats-Unis en 2001, et d’autres actes de violence commis par la suite au nom de l’Islam, la religion du Prophète Mohamed (PSL) et ses symboles sont stigmatisés dans certaines parties du monde. Les auteurs de ces actes criminels, des personnes mal intentionnées, ont contribué à donner une très mauvaise image des musulmans. Les musulmans des pays francophones sont déterminés à inverser cette tendance négative. C’est pourquoi ils initié le Colloque international des musulmans des pays francophones (CIMEF). La 6ème édition de ce grand rendez-vous de l’Islam se tient dans notre capitale depuis vendredi dernier. La cérémonie d’ouverture qui s’est déroulée au Centre internationale des conférences de Bamako était présidée par le chef de l’Etat, Amadou Toumani Touré, arrivé le même jour de N’Djamena où il avait participé au sommet de la Communauté de Etats sahélo-sahariens (voir article en page 3). L’ouverture de la rencontre s’est déroulée en présence d’un parterre de personnalités : le Premier ministre Modibo Sidibé, des membres du gouvernement, des chefs des institutions de la République, du président de la Commission de l’UEMOA, notre compatriote Soumaïla Cissé, des anciens Premiers ministres, Ibrahim Boubacar Kéïta et Ahmed Mohamed Ag Hamani, des chefs religieux, dont certains venus de l’intérieur du pays. L’islamologue de renommée internationale, Tariq Ramadan prend part à la rencontre. La cérémonie d’ouverture avait débuté par la lecture du Saint Coran. Cette 6ème édition du CIMEF a pour thème : "l’islam et les défis actuels". Elle regroupe près de 180 participants venant d’une vingtaine de pays d’Afrique francophone, de France, du Canada et de la Turquie. Durant trois jours, ils ont abordé plusieurs questions importantes se rapportant à la paix et à la sécurité, au développement, à la lumière des valeurs de l’islam. Le représentant des délégations étrangères, Tariq Ramadan, a expliqué que le Colloque international des musulmans des pays francophones (CIMEF) a été initié dans le but d’expliquer les vertus et les valeurs de l’Islam. Et d’effacer "la peur" de l’Occident face cette religion justement fondée sur la tolérance, l’amour du prochain et l’éducation de la spiritualité. Le célèbre islamologue a dénoncé les violences commises au nom de l’Islam et a invité les musulmans à œuvrer plutôt pour faire comprendre leur religion. "Nous devons cesser de nous positionner en victimes. Nous devons plutôt faire comprendre aux autres, notre religion et ce que nous sommes en réalité, à travers une éducation islamique dont les valeurs œuvrent à la lutte contre la pauvreté, la corruption, ou encore le racisme", a invité le grand intellectuel musulman. Et Tariq Ramadan de souligner que l’islamophobie ambiante dans certaines parties du monde relève simplement d’une mauvaise connaissance de l’Islam. Le président du Haut conseil islamique du Mali, El Hadj Mahmoud Dicko, a mis l’accent sur la pertinence du colloque et s’est réjoui de la tenue de sa 6è édition dans notre capitale. Il a remercié le chef de l’État et le gouvernement dont l’implication a contribué à la bonne organisation de la rencontre. Pour lui, l’avènement d’un monde meilleur n’est possible que grâce à la conjugaison des efforts de tous. Le CIMEF œuvre donc à la construction d’un espace économique fort, ainsi qu’à relever les défis auxquels sont confrontés les pays de la Ummah islamique. Le leader religieux n’a pas manqué de dénoncer les injustices dont est victime le peuple palestinien. Un peuple musulman dans sa majorité écrasante. Dans une intervention fort remarquée, le président de la République, Amadou Toumani Touré, a souligné que l’Islam est une religion de tolérance et surtout de solidarité. Il a pleinement sa place dans le développement, la promotion de la paix et surtout dans la lutte contre le terrorisme, notamment contre les salafistes qui gangrènent l’espace sahélo-saharien. Le chef de l’Etat a invité les musulmans à la solidarité pour faire face à cette grave menace et aux autres défis de notre monde d’aujourd’hui. "L’arme la plus redoutable pour faire face à ces menaces, c’est vous. Ce sont les prêches que vous faites. Vous devez vieller à ne pas donner de l’islam une mauvaise image", a indiqué le chef de l’État. Dans tous les cas, notre pays jouera sa partition dans la lutte contre le terrorisme et toutes les autres formes de violence commises prétendument au nom de l’islam. Une religion, l’on ne se lassera jamais de le répéter, de paix, de tolérance et solidarité.