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PostHeaderIcon Cinquantenaire du Bénin : UN EXEMPLE À MEDITER

Une demi-douzaine de chefs d’Etat et des contingents militaires de pays amis ont rehaussé l’éclat de la fête

Cinquantenaire du Bénin : UN EXEMPLE À MEDITER

La trentaine de kilomètres qui séparent Cotonou de Porto-Novo n’avaient peut-être jamais été aussi courus que ce dimanche 1er août, le jour de la célébration du cinquantenaire de l’indépendance du Bénin. Très tôt dimanche matin de nombreux Cotonois avaient pris la route, qui en voiture, qui à vélo ou perché à trois sur une moto pour être témoin de cet événement exceptionnel pour lequel le président Boni Yayi avait invité au moins une demi-douzaine de chefs d’Etat africains à Porto-Novo. Le président de la République Amadou Toumani Touré et son épouse Mme Touré Lobbo Traoré étaient aux premières loges de la grande tribune drapée aux couleurs du Bénin. On y notait la présence de Laurent Gbagbo de Côte d’Ivoire, Abdoulaye Wade du Sénégal, Blaise Compaoré du Burkina Faso, Faure Essozima Gnassingbé du Togo, Ali Ben Bongo du Gabon, Denis Sassou Nguesso du Congo, Idriss Déby Itno du Tchad, Téodoro Obiang Nguéma de Guinée-Équatoriale. Plusieurs délégations de pays africains, européens et d’ailleurs, dont le Koweït, le Maroc et La France, ont aussi participé aux manifestations. Le tout Porto-Novo s’était certainement donné rendez-vous sur la grande avenue du Cinquantenaire pour vivre le grand défilé civil et militaire qui s’y déroulait. Des contingents militaires français, congolais, gabonais, togolais, burkinabè, ghanéen, sénégalais, nigerian ont paradé aux côtés des forces armées béninoises. Le gouvernement béninois a voulu et réussi une fête grandiose pour rendre hommage à tous ceux qui ont contribué à l’édification d’un pays en voie de modernisation Le Bénin, ex-Dahomey et ancienne colonie française, est devenu indépendant le lundi 1er août 1960 avec pour premier président Hubert Koutoukou Maga. Dirigé depuis avril 2006 par Boni Yayi, le Bénin a connu 12 chefs d’Etat dont l’avant-dernier, Mathieu Kérékou, a totalisé 28 ans de pouvoir. Le Bénin à l’instar de nombreux pays d’Afrique au sud du Sahara a été une sorte de terrain d’expérimentation où les hommes politiques ont testé toutes les formules, des plus ubuesques aux plus rationnelles, pour gérer un pays miné par le régionalisme et une instabilité permanente marquée par sept coups d’État militaires entre 1963 et 1972, sans parler des tentatives avortées. Dans les années 1990, le Bénin a été le premier pays à expérimenter la Conférence nationale qui ouvrira la voie à la démocratie et fera figure d’exemple. Malgré les tâtonnements, le pays n’a pas connu les déchirements de la guerre. Il n’a pas pour autant profité de cette nouvelle stabilité pour enclencher la deuxième étape, celle de la victoire sur la pauvreté. Économiquement, le Bénin, bien qu’il ne soit pas un pays enclavé, n’a pas encore réussi à impulser un développement qui bénéficie au plus grand nombre. Son sous-sol est pauvre, et tous ses espoirs reposent sur l’agriculture. Le pétrole découvert l’an dernier peut, dans cet ordre d’idées, être une manne. La rigueur du banquier Boni Yayi ajouté à l’ardeur à la tâche du Béninois commencent à transformer le pays, à faire de la capitale un port de commerce, un hub international, depuis que les ports d’Abidjan et Lagos ont perdu leur clientèle. Il suffit d’aller au marché Tokpa, le plus grand souk d’Afrique de l’Ouest, pour croiser Maliens, Ivoiriens, Nigériens, Nigérians, Togolais et autres Congolais installés dans le petit pays couloir. Ils sont nombreux à choisir de vivre au Bénin pour sa sécurité, sa stabilité et le poumon économique qu’y constitue le commerce. Le pays lui-même vit des taxes liées à l’import-export. Ici, ne cesse de rappeler l’homme de la rue, il n’y a ni pétrole (pas encore exploité), ni diamant qui puisse susciter la convoitise de pays étranger. La plus grande richesse du Bénin est de ne pas avoir de minerais fossiles, ironise-t-il. Véritable kaléidoscope, le Bénin est un précipité actif des enjeux économiques de la région. Ici les Ibos du Nigeria gèrent la fripe, les Congolais l’alimentation, Sénégalais et Maliens les tissus et pagnes, sous l’œil admirateur du Béninois moyen. Mamadou Koné est vendeur de tissus au grand marché de Cotonou. Rien ne le distingue d’un Béninois si ce n’est son accent sikassois. Dimanche, il a accompagné un ami Béninois à la fête de Porto-Novo. Il assure avoir atterri ici après un échec scolaire dans les années 80. Au prix d’efforts soutenus, il a pu se faire une place au soleil de Tokpa. Il avoue ne pas souffrir de xénophobie. Mais à ses yeux c’est la résistance de certains apparatchiks des régimes antérieurs qui serait la source d’un certain malaise dans la société béninoise. Il reconnaît que des progrès importants ont été réalisés depuis l’arrivée de Boni Yayi aux affaires. La ville de Porto-Novo qui s’est toujours proclamée capitale originelle du Bénin se modernise à pas de géant. Des échangeurs et des autoroutes sortent de terre, de luxueuses villas essaiment sur la corniche à Cotonou comme à Porto-Novo. Partout, le progrès est perceptible. Mais la très grosse panne de courant qui a paralysé dimanche pendant près d’une trentaine de minutes le défilé du cinquantenaire de Porto-Novo est venu brutalement rappeler la fragilité de cette croissance et les progrès qui restent à effectuer. Le président Touré qui a apprécié la qualité de la parade a reconnu qu’elle peut servir d’exemple pour corriger nos éventuelles erreurs dans la perspective de la célébration du cinquantenaire de notre pays le mois prochain.