A l’occasion de la journée météorologique mondiale célébrée le 23 mars, la direction nationale de la météorologie a organisé mardi, à la Maison de la presse, une conférence débats sur les conclusions de la dernière conférence internationale de Copenhague sur les changements climatiques.
C’était sous la présidence de Salihou Guiro, conseiller technique du ministère de l’Equipement et des Transports, et en présence du directeur national de la météorologie, Mama Konaté. La conférence animée par Birama Diarra, le chef de la division recherche et développement à la direction nationale de la météorologie, a regroupé des scientifiques, des spécialistes du climat et des journalistes. La convention sur les changements climatiques est entrée en vigueur en 1994. Elle comporte 26 articles et 2 annexes, a expliqué le conférencier. Son objectif est de stabiliser les concentrations de gaz à effet serre dans l’atmosphère à un niveau qui empêche toute perturbation anthropique du système climatique. Il conviendra d’atteindre ce niveau dans un délai suffisant pour que les pays puissent s’adapter naturellement aux changements climatiques, que la production alimentaire ne soit pas menacée et que le développement économique puisse se poursuivre d’une manière durable. Après un rappel historique de la convention sur le climat, le conférencier a détaillé les forces et les faiblesses de la conférence de Copenhague. L’enjeu de la rencontre était de taille. A telle enseigne que pour la première fois dans l’histoire, une conférence de l’ONU a enregistré la participation record de 130 chefs d’État. La médiatisation a été sans précédent avec la présence de plus de 25 000 journalistes venus du monde entier. Cependant, Copenhague n’a pas comblé les attentes. L’accord minima, dépourvu de tout caractère contraignant et omettant beaucoup de points essentiels, a été considéré comme un échec, a reconnu Birama Diarra. Notre pays a, lui, dégagé des priorités face aux changements climatiques, a-t-il précisé. Elles portent principalement sur la lutte contre la sécheresse et la désertification, la lutte contre la dégradation des sols et de la biodiversité, l’ensablement des cours d’eau, l’adaptation à la variabilité du climat, l’utilisation des technologies moins émettrices des gaz à effet de serre et la lutte contre la pauvreté. Ces priorités n’ont pas empêché le Mali d’aller à Copenhague comme membre d’ensembles comme le CILSS, la CEDEAO, le groupe Afrique, le groupe des pays les moins avancés et le G77 et la Chine (appelé groupe des pays en développement). Birama Diarra a souligné la participation active de notre pays au travail dans tous ces groupements. Ce qui lui a valu une place importante dans les différentes négociations. La nomination de notre compatriote, Mama Konaté, directeur national de la météorologie, à la présidence du plus grand organe de la convention, l’Organisation subsidiaire de conseils scientifiques et technologiques (SBSTA), en est une illustration. Les changements climatiques étant aujourd’hui une réalité incontournable pour la réussite de toutes les actions de développement, le Mali doit se préoccuper d’assurer un leadership, a-t-il recommandé. Chaque département doit ainsi assurer la prise en charge d’un ou de deux délégués, sur son budget annuel, afin de renforcer notre participation aux prochaines conférences des parties. Déjà, notre pays va organiser une rencontre de négociations au niveau de la CEDEAO et du continent, pour préparer la conférence de Cancun (Cop 16) au Mexique. Les propositions de cette rencontre vont appuyer et renforcer les actions du Comité national changements climatiques en cours de création au Mali.