L’Assemblée nationale invite le gouvernement à inscrire toutes les communes affectées par la sécheresse ou le déficit pluviométrique sur la liste des communes en difficultés alimentaires
L’Assemblée nationale réunie en séance plénière de délibération jeudi dernier, a examiné un rapport de mission de la commission du développement rural et de l’environnement avant d’adopter une résolution sur la situation de la campagne agricole 2011-2012 Le document fait le constat d’une mauvaise récolte attendue en 2012 et d’une situation alimentaire et pastorale difficile. C’est que la campagne agricole 2011-2012 a été caractérisée par le retard dans l’installation des pluies, leur mauvaise répartition dans l’espace et dans le temps, l’installation tardive des semis et l’arrêt précoce des précipitations entraînant de grandes pertes enregistrées sur les cultures sèches et submersibles. La situation phytosanitaire est préoccupante en raison des invasions de sauteriaux, d’oiseaux granivores et autres, surtout dans la bande sahélienne et les régions du Nord. Aussi l’insuffisance notoire de la crue et la mauvaise pluviométrie ont fortement limité les prévisions (céréales, pâturages) et la production piscicole. La mission conduite par le président de la commission développement rural et environnement estime que la liste des communes en difficultés céréalières et en difficultés économiques fournies par le commissariat à la sécurité alimentaire ne reflète pas toute la réalité sur le terrain, que la campagne agricole 2011-2012 dans la plupart des zones des régions sillonnées (Kayes, Koulikoro, Ségou, Mopti, Tombouctou, Gao et Kidal) peut être qualifiée de mauvaise. Pour ne rien arranger, la présence de sautériaux et oiseaux granivores a causé des dommages plus ou moins importants sur les céréales et les pâturages en fonctions des zones d’infestation. Enfin le faible niveau des crues et le retrait précoce de l’eau des cours d’eau, ont été préjudiciables aux cultures et à la pêche. Après avoir entendu plusieurs responsables impliqués dans la gestion de cette situation et pris acte du rapport de la mission de la commission DRE, l’Assemblée a fait des recommandations. Elle invite le gouvernement à inscrire toutes les communes affectées par la sécheresse où le déficit pluviométrique sur la liste des communes en difficultés alimentaires, à fixer un prix modéré pour toutes ces circonscriptions et à les doter le plus tôt que possible de banques de céréales afin d’éviter la hausse du prix des céréales. Les députés souhaitent que soient revus le système d’évaluation du système d’alerte précoce (SAP) très contesté par certaines populations et que soit menée une politique adéquate pour éviter le bradage des céréales à d’autres fins (vente à des opérateurs des pays frontaliers). Il est question de redynamiser la politique de suivi du prix des céréales et leurs fixations et de mettre le plan de distribution des céréales des communes en difficultés alimentaires. D’autres recommandations sont relatives à la fourniture en semences maraîchères à cycle court, à la multiplication des petits barrages de retenue d’eau. Pour les élus, il faut privilégier les solutions durables et définitives en vue d’assurer une sécurité alimentaire permanente, de multiplier les banques de céréales tout en améliorant leur mode de gestion et de prendre des dispositions appropriées pour assurer jusqu’au niveau des communes, des villages et des fractions, le transport des céréales, à l’occasion des distributions gratuites, afin d’éviter le déplacement des populations vers les centres urbains. Le texte insiste sur la nécessité d’organiser de façon transparente et objective des distributions gratuites dans les zones à difficultés alimentaires, de mettre en place un mécanisme de distribution gratuite d’aliment bétail pour les zones affectées et des ventes à prix modérés pour les autres. Il conclut par le souhait de mettre en place des mesures appropriées de prévention et de lutte contre les feux de brousse et de prendre toutes les dispositions nécessaires pour la mise à disposition de produits phytosanitaires à temps afin de prévenir à tout moment les attaques des déprédateurs et pour une surveillance accrue des nids d’oiseaux et des mouvements des sautériaux. Le président de l’Assemblée nationale est chargé de transmettre la présente résolution au Premier ministre, chef du gouvernement.
Synthèse
A. LAM