Les bons résultats enregistrés dans la récolte des cultures sèches et au niveau de certains PPIV et les intenses activités de récolte et de battage du riz en cours ont réinstallé l’optimisme chez les paysans
Au regard des résultats des récoltes en cours, la campagne agricole 2009-2010 est jugée satisfaisante dans l’ensemble en terme de production dans la zone de l’Office riz Mopti (ORM). L’annonce a été faite par la direction de l’ORM suite à une mission de suivi de la campagne. Pourtant l’installation tardive des pluies avait suscité des inquiétudes tant chez les producteurs qu’au niveau de l’encadrement. Dans l’ensemble, le cumul des pluies du 1er mai au 31 octobre 2009 s’est finalement révélé normal à excédentaire au niveau des postes de relevés pluviométriques de Ouro-Nèma, Mopti, Périnpé, Soufouroulaye, Saré mala, Kouma cercle de Mopti, Bougoula dans le cercle de Djenné et Dia dans le cercle de Tenenkou. Ailleurs, les quantités sont déficitaires par rapport aux moyennes interannuelles. Les cumuls ont avoisiné ceux de l’année dernière à la même date au niveau des stations de Ouro-Nèma, Soufouroulaye, Saré Mala et Dia. L’installation tardive des pluies s’est traduite dans la zone par un retard dans la mise en place des cultures sèches et des difficultés de respect du calendrier cultural du riz de submersion contrôlée. Ainsi des superficies n’ont pu être exploitées dans les zones basses (cas des casiers de Tenenkou, Ouro-Nèma, Périnpé, Soufroulaye, Mopti nord, Tongorogo et Tiroguel). Oumar Berthé, le chef de la division vulgarisation agricole de l’Office riz Mopti, a noté que dans le cadre de la mise en œuvre du programme pluies provoquées, 11 opérations ont été réalisées dans la région entre le 14 juillet et le 20 octobre 2009. Ces opérations ont été d’un apport inestimable dans la régularisation du déficit des précipitations dans la zone, a-t-il expliqué. Selon le technicien, dans les casiers de submersion contrôlée, plus de 60% des semis ont été réalisés hors date. Cependant l’amélioration de la fréquence des pluies de la 3è décade du mois d’août à la fin septembre a permis d’ensemencer 88% des objectifs en submersion contrôlée, 90% en submersion libre, 60% dans la zone semi aménagée et le bas-fonds, 80% en mil ; 70% sorgho, 88% en maïs, 102% en fonio et 84% des objectifs en niébé grain, le repiquage de 59% des prévisions sur les petits périmètres irrigués villageois (PPIV) et les périmètres moyens (PM), la germination, la croissance et le développement des plans. Comme on peut le constater, la pluviométrie, bien qu’indispensable pour les opérations de labour, les semis, la germination et le développement des pousses de riz, ne demeure pas le seul facteur déterminant de la riziculture de submersion. Elle est secondée par la crue qui prend la relève et permet aux plants de riz de boucler convenablement le cycle.
SECURISATION DE LA PRODUCTION. Dans la zone Office riz Mopti, la crue a été au rendez-vous. Tous les casiers ont atteint leur plan d’eau maximum, les risques de retrait précoce seront assez réduits dans l’ensemble, en saison des pluies tombées durant les trois premiers jours du mois de novembre, a observé une mission de supervision de la direction générale de l’ORM qui était récemment sur le terrain. En plus des activités de suivi de la campagne, une mission conduite par le directeur général de l’ORM, Adama Berthé, vient de sillonner l’ensemble des zones d’intervention de l’Office riz Mopti, de Sofara à Tenenkou en passant par Mopti nord et Mopti sud. Les résultats probants enregistrés dans la récolte des cultures sèches et au niveau de certains PPIV et les intenses activités de récolte et de battage du riz en cours ont ramené le sourire chez les paysans de la zone. Adama Berthé, a également constaté qu’en submersion contrôlée, les récoltes porteront sur 80% des semis. La mission a noté de réels progrès perceptibles dans le cadre de l’application des itinéraires techniques par les producteurs. Les rares problèmes rencontrés ont été résolus grâce à la bonne collaboration entre l’encadrement et les comités de gestion des casiers. Un des motifs de satisfaction du patron de l’office a été la volonté accrue des paysans de compenser la pauvreté des sols, essentielle dans la baisse de rendement de la zone ORM. A ce propos, 5 236 ha ont bénéficié de DAP comme engrais de fond dont 648 ha sur les PPIV, PM et 4,59% ha dans les casiers à submersion contrôlée. Pour l’urée, sur les 582,550 tonnes enlevées, 128 tonnes ont été utilisées en maîtrise totale sur 638 ha, le reste (462,55 tonnes) l’ont été en submersion contrôlée sur 4 623 ha. Amadou Tamboura, un producteur semencier qui exploite 7 ha dans le casier de Tibo, a témoigné que les inquiétudes majeures des producteurs se sont dissipées, notamment parce que le déficit pluviométrique a été corrigé par les dernières pluies et la crue. Les traitements aériens des dortoirs et aires de nidification des oiseaux ont permis de protéger les céréales. Après les bonnes récoltes, le souci de Amadou Tamboura se situe dans la commercialisation. A cet effet, il souhaite une véritable implication des pouvoirs publics. Partout, Adama Berthé a mis l’accent sur la sécurisation de la production, l’organisation de la commercialisation à travers les organisations paysannes (OP), le paiement à temps de la redevance eau, la production à grande échelle de fumure organique pour la campagne à venir et la constitution de stocks de fourrage à partir des résidus de récoltes pour l’alimentation des animaux de trait pendant la saison sèche. Autant de conseils et de mesures dont l’application correcte permettra un bon démarrage de la campagne prochaine.