"Le président malien a une vision stratégique qui est tout à fait juste", a apprécié le ministre français des Affaires étrangères
Le ministre français des Affaires étrangères a été reçu hier aux environs de 10 heures à Koulouba par le chef de l’État, Amadou Toumani Touré. Bernard Kouchner, à la tête d’une forte délégation, était porteur d’un message du président français Nicolas Sarkozy qui souhaite l’examen des "mesures de sécurité à prendre pour les ressortissants français" dans les États sahariens suite à l’assassinat de Michel Germaneau. Cet humanitaire de 78 ans avait été enlevé le 20 avril passé au Niger par un groupe des terroristes se réclamant d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) et probablement exécuté dans le nord de notre pays la semaine dernière (lire l’Essor d’hier). Le président de la République et le ministre français des Affaires étrangères ont discuté pendant une quarantaine de minutes des derniers événements qui se sont déroulés dans le Nord de notre pays, c’est-à-dire le raid effectué par l’armée mauritanienne avec l’appui de militaires français contre un groupe de terroristes et la mort du ressortissant français Michel Germaneau. En s’adressant à la presse après l’entretien avec le chef de l’État, le ministre français des Affaires étrangères a tenu à préciser que le Mali et la France entretiennent de très bons rapports. "J’ai parlé avec le président Touré de ce qui nous intéressait, en particulier de cette opération mauritanienne avec un appui de la France qui s’est déroulée sur le sol malien", a-t-il poursuivi. À propos de la situation sécuritaire dans la bande sahélo-saharienne, Bernard Kouchner a approuvé la position du chef de l’État. "Le président malien a une vision stratégique qui est tout à fait juste. Il pense qu’il faut que les actions soient coordonnées. Qu’il faut qu’elles soient des opérations de grande ampleur si on veut être efficace contre Al-Qaïda au Maghreb islamique et contre le terrorisme. Et pour ça, il existe un état-major inter-armées à Tamanrasset. Il espère que les choses se déploieront de meilleure façon. Je ne peux que l’approuver", a-t-il indiqué. Il faut noter que les officiers représentant l’armée malienne sont déjà sur place à Tamanrasset. Bernard Kouchner a fermement condamné l’assassinat de Michel Germaneau et a appelé la conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine (UA) à faire de même. "Nous avions un otage, Michel Germaneau que nous n’avons pas malheureusement pu sauver et qui, sans doute, a été exécuté. C’est un acte admissible et le président est bien d’accord avec cela. J’espère qu’il y aura une résolution aujourd’hui à Kampala pour condamner le plus fermement possible cet acte odieux, inadmissible et scandaleux", a-t-il indiqué. Le ministre français a confirmé son soutien à l’idée du président Touré qui défend à tout prix la coordination des actions dans la lutte contre l’insécurité dans la bande sahélo-saharienne. "Pour coordonner les actions, j’en suis partisan. Vous savez qu’il y a eu ces accords d’Alger. Vous savez qu’il y a aussi cette réunion de Bamako qui est toujours programmée. Quand ? Je n’en sais rien ; le président malien non plus. Mais enfin ça ne nous empêche pas de nous aimer beaucoup", a-t-il souligné. Bernard Kouchner a rencontré ses compatriotes réunis à l’ambassade de France avant de s’envoler pour le Niger, la dernière étape d’une tournée qui avait débuté lundi par la Mauritanie.