La ville de Bamako, à l’instar du reste du territoire national, est depuis hier littéralement enveloppée par une épaisse brume de poussière.
Cette situation, prévoient les services météorologiques, pourrait durer jusqu’au 13 février. Selon Mohamed Koité, le chef de section prévision environnement de la division recherche développement de la Direction nationale de la météorologie, il s’agit d’un mouvement d’air humide et de vents forts soufflant d’est en ouest entre 40 et 50 kilomètres du sud algérien vers nord du Mali. La poussière qu’ils soulèvent en ratissant le Sahara, combinée à l’humidité favorisée par la vague de neige qui frappe actuellement l’Europe et le Maghreb, occasionne cette brume de poussière dense. La visibilité est réduite à 100 mètres aux moments de forte densité, et à 1000 mètres aux moments de faible densité, note le spécialiste. Cette situation n’est pas une nouveauté dans notre pays, rappelle Mohamed Koité. Nous avons connu une situation analogue en novembre dernier. La présente devrait durer jusqu’au 13 février avec une baisse de la température. Mais le mercure devrait légèrement remonter entre les 11 et 12 février. Une nette amélioration de la situation sera observée dans la région de Kidal à la même période. Dans le reste du pays, la situation restera stable jusqu’au 13 février, date à laquelle une nouvelle prévision sera effectuée par les services de la météo, a indiqué le responsable de la section prévision environnement. La combinaison de la poussière avec la pollution de l’air déjà existante dans la ville de Bamako, expose les habitants à des risques de maladies comme que la grippe, le rhume, les problèmes respiratoires et même la méningite. A cet effet, des mesures de préventions s’imposent. Pour cela, les services de santé doivent approcher ceux de la météo pour obtenir les informations nécessaires et donner des conseils pratiques aux populations. En attendant, il faut se protéger contre la poussière en utilisant de l’huile goménolée (solution pour instillation nasale) dans le but de fixer la pénétration de la poussière par la voie respiratoire. Le phénomène est-il imputable aux effets directs des changements climatiques ? Aucune donnée ou réflexion scientifique ne permet de le confirmer, souligne Mohamed Koité. On peut plutôt parler de variabilité du climat. Car, les changements climatiques sont des phénomènes globaux à l’échelle planétaire et non cycliques. Donc, ils ne peuvent pas déterminer une situation climatique bien déterminée. Ceci dit, les Bamakois en particulier et les Maliens de façon générale, doivent se préparer à vivre pendant quelques jours, ce mauvais temps qu’ils partagent avec leurs voisins du Burkina Faso, de la Mauritanie et du Niger.