L’agence va s’employer à réduire de moitié le chiffre des accidents de la route en 2010
La sécurité routière est l’une des priorités des pouvoirs publics. A ce titre, elle figure en bonne place dans le Projet de développement économique, social et culturel (PDES) du président Touré. Cette réelle volonté politique s’est manifestée par l’adoption, en mars 2008, du Programme d’actions multisectoriel de lutte contre l’insécurité routière (PAMSLIR) et la création, en 2009, de l’Agence nationale de sécurité routière (ANASER). Celle-ci est chargée de promouvoir et renforcer la sécurité routière et de contribuer à améliorer les conditions d’exploitation du réseau routier. Cette structure a tenu jeudi son tout premier conseil d’administration. Les travaux qui se sont déroulés dans les locaux de l’agence à Hamdallaye ACI, étaient dirigés par le président du conseil, le colonel Mamadou Telly. C’était en présence du directeur général de l’ANASER, Mamadou Koné, et de l’ensemble des administrateurs. La session a examiné et adopté les projets de textes de règlement intérieur du conseil d’administration et de cadre organique de l’agence. Elle a ensuite étudié les propositions relatives à l’organisation et au fonctionnement de l’agence, le programme d’activités et le budget de l’année en cours, avant de discuter de l’opérationnalisation effective de la structure. La création de l’ANASER se veut une réponse adaptée aux aspirations des populations de voir réduire le taux élevé d’accidents mortels sur nos routes. Les chiffres sont éloquents à ce propos : 8 472 victimes dont 642 tués en 2006 ; 10 072 victimes dont 659 tués en 2007 et 10 510 victimes dont 671 morts en 2008. Le directeur général de l’ANASER explique cette macabre progression par le mauvais comportement des usagers d’engins à deux roues. Cette situation n’est guère une fatalité, a pourtant estimé Mamadou Koné. "Notre objectif de pouvoir réduire de 50% le taux d’accidents en 2010. Pour atteindre cet objectif, l’agence va mettre un accent particulier sur la sensibilisation. Cette dynamique sera en outre sous-tendue par une diversité d’actions. Nous avons un programme ambitieux. Raison pour laquelle le présent conseil a souhaité différer l’élaboration du budget pour l’année en cours. Cela est d’autant plus important que nous venons de recevoir le 1er avril dernier les redevances de l’Autorité routière. Aussi l’année 2010 sera consacrée à la mise en œuvre des bases de données. Jusqu’à preuve du contraire, l’on ne sait pas comment et où sont survenus les accidents. Cela dénote un besoin de statistiques fiables qui nous permettra de mieux cerner le phénomène", a analysé le directeur général de l’ANASER. Le président du conseil d’administration a souligné que les défis à relever sont nombreux. "Il est désormais admis que 85% des accidents sont dûs au facteur humain. Cela nécessite, conformément au renouveau de l’action publique, des actions de formation, d’information et de sensibilisation pour un changement positif de comportement des usagers de la route", a estimé Mamadou Telly. Il a aussi souhaité un renforcement des règles en matière de circulation et de sécurité routière et le maintien des véhicules en bon état technique.