L’aménagement des bas- fonds n’a véritablement démarré dans notre pays qu’en 2006 avec le Programme national de petits barrages et bas-fonds.
Les bas fonds procurent un bien incalculable aux populations rurales qui n’ont pas toujours accès aux périmètres irrigués en maitrise totale de l’eau. « On avait du mal à convaincre quant nous cherchions les financements », confie le directeur national du génie rural, Soumaïla Samaké. Il estime qu’il faut développer de façon progressive l’aménagement des zones recelant d’importantes potentialités hydro-agricoles. L’objectif est de lutter contre la pauvreté et l’insécurité alimentaire par la mobilisation, la maîtrise et la valorisation des eaux de ruissellement et souterraines à travers la réalisation des aménagements de bas-fonds (micro-barrages), plaines inondables, périmètres maraîchers et surcreusement de mares etc. Selon Mama Minta qui dirige le projet, la réalisation de ces aménagements permettra d’augmenter les productions agricoles, animales et piscicoles. Les zones rurales bénéficiant de ce surplus lutteront efficacement contre l’exode rural par la création des activités génératrices de revenus autour de ces aménagements hydro-agricoles de proximité, notamment, le maraîchage, l’arboriculture, l’élevage. Ainsi, les populations rurales pourront produire sur place tout ce dont elles ont besoin pour leur consommation afin d’éradiquer l’insécurité alimentaire et la pauvreté. De 2006 à 2009, grâce aux appuis financiers du Fonds japonais (KRII) et du Budget spécial d’investissement (BSI/PPTE), le programme a réalisé des aménagements sur 51 bas-fonds, 3 plaines, 6 mares. Il a construit 5 ponts barrages, mis en valeur 10 périmètres maraîchers et 8 puits pastoraux. Ces réalisations couvrent une superficie d’environ 3700 ha. Les techniciens ont construit 8 puits à grand diamètre pour faire abreuver les animaux. Au regard de l’intérêt suscité auprès des populations, l’aménagement des bas-fonds doit continuer pour permettre aux populations locales d’être plus autonomes du point de vue de la production céréalière, estime un observateur avisé. Face aux multiples nouvelles demandes d’intervention, le gouvernement a autorisé l’élaboration et la mise en œuvre d’un Programme Spécial d’irrigation de proximité financé sur les « recettes SOTELMA ». Ces actions de soutien à la croissance économique atteignent un montant global d’environ six milliards Fcfa. Avec ce fonds, le programme a entrepris l’aménagement de 6400 ha et la fourniture de 22 groupes motopompes aux régions du nord. L’état d’avancement de ces réalisations est jugé bon.