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PostHeaderIcon 12è Sommet de la Cen-Sad : UNE CONVICTION REAFFIRMEE EN L’INTEGRATION AFRICAINE

La Communauté entend apporter un message fort à la conférence des chefs d’Etat de l’Union africaine en faveur de l’unité du continent

12è Sommet de la Cen-Sad : UNE CONVICTION REAFFIRMEE EN L’INTEGRATION AFRICAINE

En prélude au 15è sommet de l’Union africaine qui s’est ouvert hier à Kampala en Ouganda, N’Djamena la capitale tchadienne avait abrité, jeudi et vendredi, la 12è session ordinaire du sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté des Etats sahélo-sahariens. La rencontre s’est déroulée sous une grande tente dans la cour de l’Assemblée nationale du Tchad. Elle a enregistré la participation d’une douzaine de chefs d’Etat dont le président de la République, Amadou Toumani Touré. Le président soudanais, Omar El Béchir qui est poursuivi par le CPI pour plusieurs chefs d’accusation a bravé cette menace pour venir témoigner à N’Djamena de son adhésion au processus de Doha pour un règlement équitable, juste et durable de la question du Darfour. La rencontre de N’Djamena était d’autant plus urgente que la Communauté des Etats sahélo-sahariens (Cen-Sad), créée en 1998, ne semble plus aux yeux de ses concepteurs, pouvoir répondre aux attentes de ses 28 pays membres. En effet, l’idée de la création des Etats-Unis d’Afrique divise plus que jamais. De l’avis du président tchadien Idris Deby Itno, l’hôte du sommet, les intentions louables et légitimes qui ont sous-tendu la création de cette Communauté ne se sont pas concrétisées à hauteur d’espérance. « Où en sont nos politiques communes de développement dans les domaines agricole, halieutique, industriel ? Qu’est-ce qu’il en est de la suppression des barrières tarifaires et non tarifaires ? », s’est-il interrogé. Pour le président tchadien, la structure et le fonctionnement de la Cen-Sad ne répondent pas encore aux critères d’une organisation d’intégration économique, prélude à une intégration politique. « Il nous faut nécessairement évoluer. Nous ne pouvons le faire que si nous posons les vrais problèmes de notre organisation en vue d’y apporter les bonnes réponses », a dit en substance Idriss Deby Itno. Pour appuyer ses propos, il a fait remarquer que nombre de pays de la Communauté sont en proie à des crises énergétiques et alimentaires aiguës alors que le potentiel dans ces secteurs est considérable.

UNE PROFONDE REVISION DES TEXTES. Concernant la sécurité dans la région, le constat est tout aussi amer : la Cen-Sad est l’espace où l’on enregistre le plus grand nombre de conflits sur le continent. Pour que la Cen-Sad joue efficacement son rôle d’outil intégrateur, estime le président Deby Itno, ses structures et son mode de fonctionnement doivent être reformés. Ceci via une profonde révision de ses textes constitutifs. La Communauté doit recentrer ses objectifs, en se dotant d’un plan d’action et d’une feuille de route permettant d’atteindre l’objectif qui lui a été assigné à sa création, à savoir l’intégration économique. Les attentes des populations des pays membres sont fortes, nombreuses et pressantes, a confirmé le leader de la Libye, le Frère Guide Mouammar El Kadhafi, soulignant la pertinence et l’urgence de la création des Etats Unis d’Afrique. Le Frère Guide a saisi l’opportunité pour annoncer la disponibilité dans les comptes libyens d’une somme de 90 milliards de dollars, soit environ 45 000 milliards de Fcfa qui dorment dans les caisses libyennes faute de point de chute pour investir. Le meilleur endroit pour investir cet argent n’est autre que l’Afrique pour la cause de l’unité africaine. Le leader libyen a, de ce fait invité, les pays africains à l’union sacrée. L’avenir du continent en dépend. Il a demandé au président Idriss Deby Itno de porter ce message au sommet de Kampala au nom de la Cen-Sad. Le Frère Guide a au passage émis de sérieuses réserves sur la pertinence du thème du sommet de l’UA en déclarant notamment que "l’Union africaine n’est pas l’UNICEF". Les chefs d’Etat et de gouvernement ont examiné et adopté les textes relatifs à la deuxième édition des jeux de la Cend-Sad, prévus pour février 2011 à N’Djamena. Ils se sont prononcés sur le budget de la Communauté élaboré dans la perspective d’une projection sur les deux prochaines années. Ce 12è sommet ordinaire de la conférence des chefs d’Etat de la Communauté a été salué par le président de la République, Amadou Toumani Touré, qui a indiqué que cette rencontre consistait à revitaliser la Cen-Sad en lui donnant un souffle nouveau. En faisant l’état des lieux 12 ans après sa création, on peut affirmer que la Cen-Sad ne semble pas répondre aux attentes de ses pays membres. Mais elle demeure un outil indispensable pour contribuer à l’avènement des Etats-Unis d’Afrique. Le chemin pour y parvenir sera long, mais la Cen-Sad a les moyens de ses ambitions. Comme l’attestent les institutions financières crédibles dont elle s’est dotée et la volonté politique affichée, de l’Océan indien à l’Océan atlantique. La rencontre de N’Djamena, après avoir évalué sans complaisance les forces et les faiblesses de la Communauté, a jugé nécessaire de faire un audit institutionnel de l’organisation en vue de corriger ses dysfonctionnements. Le président Touré s’est fait l’écho de la détermination de ses pairs à travailler pour l’intégration des Etats africains. Le chef de l’Etat devait s’envoler, hier dans la soirée, pour Kampala délivrer le contenu du message de N’Djamena en sa qualité de rapporteur de la Communauté. Dans cette démarche, il sera épaulé par le président Idriss Deby Itno, le nouveau président en exercice de la Cen-Sad. Basée à Tripoli, la Cen-Sad a été créée en février 1998 à l’initiative du leader libyen Mouammar Kadhafi. Elle compte 29 pays : Bénin, Burkina Faso, Centrafrique, Comores, Côte d’Ivoire, Djibouti, Egypte, Erythrée, Gambie, Guinée, Guinée-Bissau, Ghana, Libye, Liberia, Kenya, Mali, Mauritanie, Maroc, Niger, Nigeria, Sénégal, Sierra Leone, Somalie, Sao Tomé et Principe, Soudan, Tchad, Togo Tunisie et Cap Vert.

Envoyé spécial B. COULIBALY