Le ministre de l’Artisanat et du Tourisme, N’Diaye Ba, et son homologue de l’Industrie, des Investissements et du Commerce, Abdoulaye Amadou Diallo, ont procédé mardi dans l’enceinte du Centre national de la promotion de l’artisanat (CNPA) à la pose de la première pierre de la tissuthèque.
C’était en présence du secrétaire général du ministère de l’Artisanat et du Tourisme, Almamy Ibrahim Kouréïssi, du directeur du CNPA, Samba Thiam, et du président de l’Assemblée permanente des chambres de métier (APCM), Mamadou Minkoro Traoré. La tissuthèque qui ouvrira ses portes le 30 décembre prochain est un centre de recherches, de formation et d’application dans le domaine des tissus traditionnels. Il comprendra un laboratoire de contrôle de qualité, un hangar de teinture, un puisard de traitement d’eaux usées, un hall d’expositions, trois salles dédiées respectivement au tissage, à la formation et à l’informatique. Cette dernière sera équipée de machines dédiées à la création assistée par ordinateur (CRAO). Le centre permettra de mettre à la disposition des artisans des prototypes de tissus : support, motif et teinture entre autres. Ainsi la tissuthèque s’occupera du renforcement des capacités des artisans dans le domaine du design. Ces derniers pourront ainsi proposer aux consommateurs un choix plus large de motifs. Les artisans bénéficieront ainsi des avancées de la tissuthèque qui vulgarisera des métiers à tisser améliorés comme les métiers de grande largeur (1,30 m) et de moyenne largeur (0,80 m) et permettra aux tisserands d’avoir une plus grande flexibilité dans le choix des modèles. Selon Samba Thiam, le directeur du CNPA, l’objectif visé à terme est de rendre plus compétitif les produits artisanaux en matière de tissus traditionnels. Cela se traduira par un niveau de gain plus élevé pour les artisans et serait un moyen de lutte contre la pauvreté. Conçu sur deux niveaux, le bâtiment aura une superficie totale de 900 mètres carrés. Il est entièrement financé par la Banque mondiale à travers le Projet d’appui à la croissance (PAC) pour un montant total de 500 millions de dollars US, soit 2,25 milliards de Fcfa. Ce projet est l’aboutissement d’un processus qui a début en 1992. En raison de l’importance de la production du coton au Mali, malheureusement très peu transformée localement, notre pays a adopté une politique volontariste de promotion du textile traditionnel. Ce choix a été conforté par certains de nos partenaires au développement qui ont bien voulu nous accompagner, a indiqué N’Diaye Ba. Les résultats appréciables obtenus font du Mali une référence dans le domaine de la teinture et de l’impression du textile traditionnel en Afrique, fondée sur une riche tradition. Il est dès lors apparu nécessaire de pérenniser ces acquis afin de promouvoir une tradition qui peut constituer une base pour le développement d’un artisanat textile capable de s’adapter à l’évolution des techniques et des goûts, et aider à améliorer les conditions économiques des opérateurs du textile