jeudi 19 avril 2018

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Acte de naissance : UN DROIT FONDAMENTAL DE L’ENFANT

Dès la naissance, les parents ont le devoir de déclarer le nouveau-né auprès des autorités compétentes. En la matière, la commune rurale de Yélékébougou (cercle de Kati) affiche un tableau peu reluisant. 22% des enfants de 5 à 18 ans n’ont pas d’acte de naissance. D’où la volonté de World Vision de délocaliser, cette année, la célébration de la Journée internationale des droits de l’enfant dans cette localité, afin d’amplifier la sensibilisation autour du respect de ce droit fondamental des enfants. « L’acte de naissance, une arme de plus contre le mariage précoce », était le message essentiel véhiculé lors de la cérémonie organisée à cet effet. Elle a réuni, sous la présidence du sous-préfet central du cercle de Kati, Harouna Diarra, les autorités communales et coutumières de Yélékébougou, ainsi qu’une foule d’enfants et leurs parents.
La Journée internationale des droits de l’enfant est célébrée chaque année, le 20 novembre. C’est à cette date qu’en 1959, l’Assemblée générale de l’ONU a adopté pour la première fois la Déclaration des droits de l’enfant puis, le 20 novembre 1989, la Convention relative aux droits de l’enfant. Cette convention promeut, entre autres, l’enregistrement à la naissance. Il constitue le premier droit de l’enfant qui acquiert, ainsi, une identité, mais aussi, la clé pour accéder aux autres droits et ou services sociaux, de favoriser son épanouissement et d’amoindrir les risques de mariages précoces.
À Yélékébougou, si le taux d’enregistrement des enfants de 0 à 5 ans est satisfaisant (98%), des efforts doivent être faits concernant les enfants de 5 à 18 ans. 22% des enfants de cette tranche d’âge n’ont pas été enregistrés, selon une enquête menée en 2007 par World Vision. « C’est un chiffre très alarmant », a déclaré Josué Darra, chef de centre de World Vision de Kolokani. Pour renverser la tendance, il a prôné le changement de comportement au niveau des communautés. Au sein de celles-ci, « il y a encore des réfracteurs ». En effet, il a été constaté que le phénomène est essentiellement dû à l’ignorance de l’utilité de l’acte de naissance par les parents. Une réalité qui a été illustrée, à travers un sketch, par des enfants. Très souvent, l’absence d’acte de naissance se révèle au moment où l’enfant doit aller à l’école.
L’ambition de World Vision dans cette localité est de faire en sorte que d’ici 2019, tous les enfants aient un acte de naissance. A cet égard, Mme Coulibaly Elisabeth Tessougué, conseillère de la protection de l’enfant à World Vision, a encouragé les parents à faire enregistrer leurs enfants, afin de les garantir l’accès à l’éducation, gage de l’épanouissement de tout être humain. L’enregistrement des naissances, a-t-elle souligné, peut également être un facteur de réduction des mariages précoces. « Si l’éducation est ratée à cause du mariage, cela peut affecter le parcours de l’enfant durant toute sa vie», a indiqué Mme Coulibaly.
« Nous sommes l’avenir de la commune, mais sans acte de naissance nous ne pouvons pas contribuer efficacement au développement de notre commune, sans perturbation par suite de mariage, de maladie… », a lancé Dramane Sidibé, un enfant parrainé par World Vision. Le cri de cœur était destiné singulièrement au maire de Yélékébougou, à qui Dramane a demandé de prendre les « dispositions pour que tous les enfants de Yélékébougou aient un acte de naissance ».
Le sous-préfet central de Kati, Harouna Diarra, a appelé les parents à prendre soin des enfants contre certains phénomènes comme la mendicité, le mariage précoce et leur récupération par les forces du mal. Par ailleurs, il a déploré le fait que la célébration de cette journée intervient dans un contexte de tristesse. Il s’agit de la vente aux enchères publiques des jeunes candidats à l’émigration. Il a condamné « ces actes ignobles », avant de féliciter World Vision pour ses efforts inlassables envers les couches faibles.

Issa DEMBÉLÉ

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