Second tour de la présidentielle : NOS COMPATRIOTES APPELLENT À L’APAISEMENT

Les électeurs sont attendus aux urnes le dimanche prochain pour le second tour de la présidentielle

La disponibilité des cartes d’électeur au niveau des bureaux et centres de vote est l’une des recommandations formulées par certains intervenants
«Nous, nous attendons une meilleure organisation du second tour de l’élection présidentielle parce que l’avenir de notre pays en dépend», déclare un enseignant de l’école Niantanso. Le pédagogue traduit ainsi le sentiment de nombre de nos compatriotes qui estiment que le Mali est au dessus de toute considération politicienne et réclament des élections apaisées.
Notre pays se prépare à organiser le second tour du scrutin présidentiel, le 12 août prochain mais reste suspendu aux lèvres des sages de la Cour constitutionnelle qui doit proclamer, aujourd’hui, les résultats définitifs du premier tour du scrutin du 29 juillet dernier. Selon les résultats provisoires de ce scrutin, le président de la République, candidat à sa propre succession, arrive en tête avec 41, 42% des suffrages exprimés, suivi du chef de file de l’opposition, Soumaïla Cissé avec 17,80% des voix. Ces deux candidats devraient donc être départagés par les électeurs au second tour de l’élection présidentielle.
Pour la bonne tenue de ce second tour, les attentes des populations, en termes d’apaisement, de transparence et de crédibilité, sont énormes. Un autre enseignant, Nouhoum Diamouténé, appelle à dépassionner les débats. Il pense que le peuple doit intégrer les valeurs de consensus sur l’essentiel, de fair-play mais surtout faire preuve de retenue en cette période électorale. Il demande aux électeurs de rester calmes et sereins. «Les Maliens doivent mettre le Mali au-dessus de tout», commente notre interlocuteur qui rappelle aussi l’urgence de sortir de la crise dans laquelle se trouve le Mali depuis 2012. Par ailleurs, le jeune pédagogue se dit confiant en la Cour constitutionnelle qui doit proclamer aujourd’hui les résultats définitifs du premier tour.
Fousseyni Togola est un jeune étudiant de la Faculté des lettres et sciences du langage (FLSL). Il partage le même avis et pousse même plus loin la réflexion sur la question.
Lui, juge nécessaire de revoir le cas spécifique de certaines localités des régions septentrionales. Pour lui, il y a urgence de réunir les conditions pour permettre à nos compatriotes qui vivent dans ces localités d’exprimer démocratiquement leur choix, c’est-à-dire par la voie des urnes. Il invite à la compréhension. «Lors de la proclamation des résultats définitifs, les candidats doivent accepter le verdict pour éviter les crises postélectorales», espère-t-il.
«Etre président émane de la volonté divine et le futur perdant doit s’inscrire dans cette vision et reconnaitre sa défaite sans rancœur», souligne Bassidy Cissoko, commerçant au Grand marché. Il en appelle au sens de la responsabilité des deux candidats du deuxième tour, mais surtout à faire en sorte qu’il n’y ait pas de malentendu lié à la proclamation des résultats définitifs. Il invite le gouvernement à renforcer la sensibilisation de la population pour réduire le pourcentage de bulletins nuls.
De son côté, Fanta Diarra, vendeuse de condiments au marché «Wonida», souhaite le bon déroulement du second tour. «Même si on est novice dans le domaine de la politique, il est clair qu’une élection non transparente peut créer des conflits postélectoraux dans le pays», précise-t-elle. Elle rappelle la nécessité d’accomplir des efforts d’amélioration.
Le président de l’Observatoire pour les élections, Ibrahim Sangho, indique que pour assurer la bonne observation du second tour, sa structure déploiera plus de 2 200 observateurs dans les 49 cercles et six communes du District de Bamako.
«Ces observateurs seront aussi encadrés par des coordinateurs locaux et superviseurs régionaux», explique-t-il. Ibrahim Sangho précisera aussi que sa structure mettra en place, les 11, 12 et 13 août prochains à l’hôtel Radisson, trois chambres. Il y aura une chambre technique composée de spécialistes en informatique qui recueilleront les données envoyées par les observateurs ; une chambre intermédiaire formée d’experts en élection qui vérifieront si les cas d’incidents et de dysfonctionnements envoyés par les observateurs violent les textes régissant les élections au Mali. Enfin, il y aura aussi une chambre politique, composée des personnalités de la société civile malienne qui s’occuperont des dispositions à prendre pour doter les cas d’alerte (absence de bulletins de vote, fraudes et violences).
Ibrahim Sangho recommande aussi au gouvernement de s’assurer de la disponibilité des cartes d’électeur au niveau des bureaux et centres de vote afin de faciliter le processus. Il invite les candidats à régler les différents contentieux auprès de la Cour constitutionnelle. Tout compte fait, la population espère un bon déroulement du second tour. A ce propos, le gouvernement doit prendre toutes les dispositions requises afin d’éviter des malentendus et élire le candidat méritant à la tête du pays.
Mariam F. DIABATÉ

Related posts

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *