mercredi 22 novembre 2017

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13è édition du Festival sur le Niger : SUCCÈS ÉCLATANT

Malgré les craintes par rapport à la sécurité, la manifestation culturelle a tenu toutes ses promesses

La ville de Ségou a abrité du 1er au 5 février la 13è édition du Festival sur le Niger. La cérémonie d’ouverture qui a eu lieu dans la soirée du jeudi 2 février, a été marquée par plusieurs activités. Le ton a été donné par le traditionnel hymne du festival joué par le celèbre balafoniste Nèba Solo et son groupe. Neba Solo a été suivi du groupe instrumental de Ségou et du Super Biton national. Ces prestations étaient entrecoupées par les discours du maire de la Commune urbaine de Ségou, Nouhoum Diarra, du directeur du Festival sur le Niger, Mamou Daffé et de l’allocution de lancement du ministre de la Culture, Mme N’Diaye Ramatoulaye Diallo. C’était aussi en présence du ministre de l’Artisanat et du Tourisme, Mme Nina Wallet Ag Intallou, marraine de cette édition.
Le ministre de la Culture, Mme N’Diaye Ramatoulaye Diallo, s’est appesantie sur l’impact de cette grande manifestation culturelle sur la ville de Ségou. Pour elle, il s’agit plutôt d’une activité de développement car en 12 éditions le festival a réussi à faire de cette ville une référence au Mali. «Après 12 éditions, le Festival sur le Niger traine son succès comme les défis pour les éditions à venir. Il faudra faire mieux et encore travailler à éviter les écueils de la routine en se remettant en cause, en mettant à profit les critiques et en capitalisant sur chacune des éditions qui ont fait vibrer tout le pays. Ce festival dont je fonde l’espoir d’une culture au service de l’économique régionale, doit avoir maintenant comme seule exigence de participer à la valorisation de la valise culturelle de Ségou et du Mali en s’engageant contre toutes les tentatives de détournements de l’objectif premier du festival», expliquera Mme N’Diaye Ramatoulaye Diallo lors de son discours d’ouverture.
Mamou Daffé abondera dans le même sens mais en se basant sur la particularité de cette 13è édition. La spécificité de cette édition s’explique par le contexte actuel que traverse le Mali par rapport à la situation soco-sécuritaire et la réconciliation nationale pour l’instauration d’une paix définitive. «Nous avons donc décidé de continuer avec le format de la dernière édition uniquement dans le but de mieux sécuriser les trois sites du festival. Notre pays est confronté à une insécurité grandissante. Cette situation nous oblige à prendre des dispositions afin de se conformer au dispositif de sécurité mis en place par les autorités», soulignera le directeur du festival, Mamou Daffé.
Selon le maire de la Commune urbaine de Ségou, Nouhoum Diarra, «cette édition a dépassé nos attentes. Elle est allée au-delà de nos préoccupations ». A travers les disciplines artistiques et culturelles, les festivaliers ont exprimé leur joie. Donc l’annulation du festival supposera sans aucun doute la domination des extrémistes réligieux. Cette année, la ville de Ségou a vu la participation de plus de 20.000 festivaliers venus de l’intérieur comme de l’extérieur du Mali. C’est pour dire que pendant cinq jours, la ville de Ségou a été transformée en une véritable plaque tournante de l’économie, de la culture et du tourisme au Mali. Aussi, la capitale des Balazans fut, pendant cette période une véritable école d’apprentissage et d’éducation, de l’art, de la musique, de la citoyenneté et de la cohésion sociale. Sur le plan organisationnel, on peut dire sans risque de tromper que cette 13è édition a été un succès sur toute la ligne. Toutes les activités programmées ont été exécutées. Les trois sites du Festival sur le Niger (centre culturel Korè, la fondation du festival sur le Niger et le Quai des arts) ont été pris d’assauts les festivaliers pendant le festival.
Pendant les cinq jours du festival, plusieurs activités ont été faites dont une table ronde sur le thème «Pour une contribution efficiente des arts du spectacle à la renaissance culturelle africaine». Cette table ronde qui s’est déroulée au siège de la Fondation du festival sur le Niger a enregistré une participation record compte tenu de l’importance du thème. Aussi, la Caravane culturelle  pour la paix a été la première prestation des concerts sur une sono de classe exceptionnelle. La 2è prestation musicale était animée par les rappeurs maliens entre autre on peut citer Master Soumy, Mylmo, Gaspi et Tal B. Ils ont enflammé le public. Le show était au rendez-vous. Le site était débordé par les fans venus du Mali et d’ailleurs. La nuit du samedi a été marquée par la prestation du celèbre chanteur Salif Keïta qui a émerveillé le public ségovien.
Cite 13è édition a été aussi marquée aussi par plusieurs expositions des arts visuels. La fondation a mis l’accent sur le volet de la production des œuvres d’arts plastiques, photographies et la peinture. Comme lors des autres éditions, la foire internationale de Ségou a vu grand pour cette 13è édition. Elle a regroupé plus de 120 exposants venus de 15 pays d’Afrique et d’ailleurs. Elle a été une véritable réussite même si certains exposants se sont plaints de la mévente à cause de la crise que traverse le pays.
La foire, dont le format était grand, a suscité un grand engouement chez les populations qui ont massivement répondu à l’appel des organisateurs. Cette année en lieu et place du colloque international il y a eu des causeries débats et surtout la conference du Pr Felwinr Sarr sur son ouvrage “Afrotopia”. En plus de ces activités, il y a eu aussi des journées théatrales avec des films comme “La Lumière” de Acte sept, “les aventures de Nasredine”, “les marguerittes ne poussent pas dans le desert” avec la compagnie Côté court et enfin Guimba National dans “Pauvres gens et Gens pauvres”.
Le festival sur le Niger reste un événement important pour la relance de l’économie malienne à travers les activités artistiques et culturelles. Durant une semaine, l’économie ségovienne a été impulsée par les hôtels, les stations d’essence. La grande mobilisation sociale a développé un esprit de cohésion nationale et sous régionale. La semaine du festival a boosté les affaires des vendeurs d’eau glacée, d’arachides, de bananes. Les tricycles, les taxis ont trouvé leurs comptes.
Le festival s’est déroulé dans un climat de paix  sous l’œil vigilant des forces de sécurité. L’une des satisfactions de cette 13è édition du festival sur le Niger, restera sans nul doute, l’aspect sécuritaire. Beaucoup sont les Ségoviens, les festivaliers et même les organisateurs dudit festival qui avaient la peur au ventre. Une situation avait mis en doute la tenue de cette 13è édition avec l’attentat suicide contre le camp du MOC à Gao ou près d’une centaine de personnes ont trouvé la mort. Il fallait donc à travers cette édition relever le défi de la sécurité des festivaliers pour la survie même de ce festival. A ce niveau les attentes ont été comblées au grand bonheur des festivaliers.
D. COULIBALY
AMAP-Ségou

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